Daniel Jeandupeux, footballeur, entraîneur, manager avec l’art de la langue et de la tactique !

Daniel Jeandupeux, footballeur, entraîneur, manager avec l’art de la langue et de la tactique ! Rencontre avec un homme qui connait bien le football sur toutes ces formes.

 

Jeandupeux

 

Rappel d’une interview réalisée le 12 Mai 2013.

 

 

Qui es-tu Daniel Jeandupeux ?

Je suis né le 07 février 1949 à Saint-Imier en Suisse. Je marié à Carmen et j’ai 3 enfants : Alexandra, Morgan, Émeric. J’ai la double nationalité Suisse et Française et je suis diplômé de plusieurs petites choses, Bac pédagogique, Brevet d’instituteur, Instructeur de l’Association Suisse de Football (3ème degré), Diplôme d’Entraîneur Professionnel de Football de la FFF.

Mes expériences sont multiples :
Footballeur :
1967-71 : FC La Chaux de Fonds et 1971-75 : FC Zurich
71-72 et 72-73 : Vainqueur de la Coupe de Suisse
73-74  et 74-75 : Champion de Suisse  (Meilleur buteur – Footballeur de l’année)
1975-77 : Girondins de Bordeaux  (1977 : Jambe cassée)
1969-77 : International Suisse (35 sélections)
Entraîneur :
1979-80 : FC Sion (Vainqueur de la Coupe de Suisse – Entraîneur de l’année)
1980-83 : FC Zurich (80-81 : Champion de Suisse – Vainqueur de la Coupe de la Ligue – Finaliste de la Coupe de Suisse)
1981-83 : 2 x 3e, qualification à la Coupe UEFA
1983-85 : Toulouse FC  (83-84 : 5e – 84-85 : 11e et 1/2 Finale de Coupe de France)
1986-89 : Equipe Nationale Suisse  (Record d’invincibilité : 8 matches sans défaite)
1990-94 : SM Caen  (90-91 : 8e – 91-92 : 5e, qualification à la Coupe UEFA – 1/4 de la Coupe de France)
1994-95:RC Strasbourg  (1/2 Finale de la Coupe de France)
2004-2012 : Entraîneur ou Conseiller du Président : Le Mans FC
Instructeur :
1995-97 : Cours en Allemagne, Grèce, Roumanie, Autriche, Luxembourg et Québec.
Cours FIFA en Chine et en Égypte.
1996 : Membre du Staff Technique de l’UEFA à l’Euro 96
2013   Consultant pour Teamstadia sur le dossier « Guyane base avancée »
2013   Consultant pour le Programme Performance de la FIFA
Manager Général :
1997-2000 : SM Caen (Ligue 2)  –  9e, 5e, 6e.
2002 – 2004  Consultant Télévision Suisse
2009 – 2011  Consultant Canal + Sport : Les Spécialistes Europe.
2011 – 2012  Consultant Canal + Sport : Onze d’Europe et les Spécialistes
Journaliste :
Suisse : Sport, Semaine Sportive, Tages Anzeiger, Schweizer Illustrierte, l’Illustré, Foot-Hebdo, Match Mag, FIFA Magazine, Corriere del Ticino.
France : France Football, Mondial, Onze, Libération, Sud-Ouest, Cahier du Football.
Allemagne : Kicker, BDFL-Journal, Fussballtraining.
Portugal : À Bola Algérie : El Watan
Livres : FOOT MA VIE et Les sorciers du foot : Les secrets des grands entraîneurs

Tu as un C.V. « long comme le bras », que retiens-tu de toutes ces expériences ?

Je crois avoir pratiqué tous les métiers du football et accompagné quelques activités de presse et d’écriture. J’aurais voulu découvrir la pierre philosophale qui garantit la victoire. Raté. Je n’ai compris que quelques mécanismes du football et de la vie, ce qui représente quand même un beau patrimoine. Cette expérience m’a apporté beaucoup d’humilité et de bienveillance par rapport à tous les acteurs du football.
Cette vie m’a permis de mieux me connaitre et de débusquer mes contradictions. J’ai toujours voulu construire des clubs plutôt que d’avoir un plan de carrière. Alors que ma qualité de « sprinter » me fait rapidement aller à l’essentiel et trouver les priorités pertinentes et efficaces pour faire décoller vite ma structure de travail et que l’amélioration de tous les détails de fonctionnement finit par me lasser. Je suis meilleur créateur que gestionnaire, pourtant je me suis entêté à pousser très longtemps la fidélité à une seule bannière. Ainsi j’ai passé plus de 8 ans à LEMANS FC, comme au Stade Malherbe Caen et au FC Zurich.

Tu parles 6 langues (Français, Allemand, Espagnol, Anglais, Italien, Portugais). Est-ce une passion ?

Je n’ai pas choisi de parler français puisque je suis né en Suisse Française. J’ai appris des langues par curiosité pour d’autres cultures et par les aléas de la vie. J’ai appris l’allemand pour jouer et vivre à Zurich (malgré le dialecte, que je comprends). Je me suis mis à l’espagnol parce que j’ai acheté une maison en Espagne. J’ai « buché » l’anglais parce que 2 joueurs néo-zélandais arrivaient au FC Zurich que j’entraînais. J’ai appris l’italien parce que je suis devenu le coach de l’équipe nationale Suisse. J’ai appris le portugais parce que je côtoyais de joueurs Brésiliens. Le cerveau n’est qu’un muscle qu’il faut faire travailler pour qu’il conserve un certain niveau de performance.

Après ta carrière de joueur, entraîner était une suite logique ?

C’était une suite logique, puisqu’en tant que joueur il m’avait déjà été possible de toucher à la direction technique à l’âge de 20 ans au FC La Chaux-de-Fonds et plus tard aux Girondins de Bordeaux, que j’avais toujours exprimé des idées sur le jeu que je voulais vérifier et qu’âge de 30 ans une place d’entraîneur de LNA m’était proposée par le FC Sion et que j’ai acceptée parce que ma carrière de footballeur paraissait fort compromise.

Tu as été un précurseur en terme de tactique dans les années 80, en France. Penses-tu qu’avec l’évolution du foot moderne et la précision dans la préparation tactique, on peut aller encore plus loin ?

Je pense que l’évolution tactique ne cessera jamais. Le FC Barcelone a porté très loin son concept de jeu basé sur la technique. Longtemps, les entraîneurs ont pensé que seule une défense hermétique pouvait apporter une solution (Mourinho et Chelsea). Heureusement, le Borussia Dortmund avec un football sans calcul nous démontre que d’autres alternatives existent, avec un pressing permanent et tout-terrain. Avec une grande générosité et un beau panache.

Avec ton expérience, penses-tu comme beaucoup qu’avec ce que montre le Barça depuis quelques années, on peut dire que c’est la meilleure équipe de tous les temps ?

Le FC Barcelone a été la meilleure équipe de tous les temps. Mais ne l’est plus. Le projet de départ s’est érodé. Finalement la circulation du ballon n’avait plus pour objectif de préparer une attaque percutante, mais seulement le but de priver l’adversaire du ballon, de l’user et ainsi de ne pas (ou peu) devoir défendre. Le paradoxe des deux dernières années, c’est que le collectif le plus solidaire de l’histoire du football est devenu hyper-dépendant d’un seul individu : Messi. C’est le début d’une décadence par rapport à l’idée première du foot pratiqué au Camp Nou.

La technique a pris le dessus sur le physique. Tu dois t’en réjouir ?

Pour reprendre un slogan publicitaire, je peux écrire : « J’en ai rêvé, le Barça l’a fait ». Avec succès. Il a démontré que des vertus comme l’intelligence et la technique n’étaient pas des qualités démodées comme on a pu l’entendre et le lire en France. Maintenant, il semble qu’il est possible de passer à autre chose. Enfin, car finalement trop d’intelligence tue la générosité et le panache.

Comment juges-tu le niveau du football français actuel ?

Depuis quelques années, le football français repart dans la bonne direction au niveau du jeu. Le football redevient plus spectaculaire. Beaucoup d’équipes croient à nouveau au jeu. L’équipe de France paraît repartir sur un nouveau groupe avec des cadres expérimentés et des jeunes de très haut niveau (Varane, Pogba) et un Matuidi épatant. Le football français va retrouver sa fierté. J’en suis sûr. Grâce aussi au PSG et l’argent injecté par le Qatar.

Et le niveau des entraîneurs français ?

J’aime beaucoup le travail de Garcia, Garde et Montanier. Puel prouve qu’il demeure une pointure. Galtier en devient une. Baup fait des miracles à l’OM. Et j’ai un faible pour Fournier, Furlan, Hantz, Zanko et Beunardeau que j’ai côtoyé. Et naturellement Gourcuff qui maintient Lorient dans le haut du classement.

La France avait de l’avance sur ses voisins dans les années 1990-2000. Aujourd’hui, nos voisins nous regardent moins. Travaille t’on toujours aussi bien dans la formation française ?

Grâce à Georges Boulogne, la France a possédé beaucoup d’avance dans son concept de formation et l’obligation faite aux clubs professionnels d’avoir un centre de formation et de professionnaliser l’apprentissage du football. Depuis les succès internationaux de l’équipe de France, le modèle a été copié et amélioré ailleurs. Selon moi, le contenu de l’apprentissage aurait pu faire la différence. Malheureusement celui-ci s’est inspiré du modèle de l’équipe championne du Monde de Jacquet, avec la solidité défensive, la qualité athlétique et technique comme principes de base intangibles.
Une idéologie, une vision commune permet construire une cohérence, mais peut limiter son efficacité par manque de confrontation à d’autres idées qui permettent le progrès.

Suis-tu le foot amateur de près ?

Je suis les résultats, regarde les classements, mais ne vais que rarement voir des matchs.

Comment vois-tu la situation du Mans, où tu étais encore récemment conseiller du Président ?

Comme de nombreux clubs qui redescendent de Ligue 1 (Auxerre, Lens, Strasbourg, etc.) Le Mans FC est en grande difficulté financière s’il ne réussit pas à remonter immédiatement après une relégation. La baisse de la masse salariale est beaucoup plus lente que la baisse des recettes et provoque des déficits annuels qui sont en partie comblés par la vente des meilleurs joueurs. Ce qui affaiblit l’équipe, les résultats et les recettes. Selon le principe de la vis sans fin d’Archimède qui tourne dans le mauvais sens. Moins d’argent, moins de bons joueurs, moins de résultats, moins d’argent, moins, etc.

Certains clubs comme Le Mans ou Sedan ont investi dans des stades en croyant durer au haut niveau. Malheureusement, aujourd’hui ils sont en grosse difficulté. Mauvaise stratégie ?

Le choix est cornélien. Jouer en L1 avec un stade de National est-il viable pour durer dans la plus haute division ? Non. Le seul moyen d’augmenter les recettes est d’agrandir la capacité du stade et son confort pour ressembler à un club du plus haut niveau.
Par contre la construction du stade mobilise une très grande partie de l’énergie des membres du club qui manquera dans le domaine sportif. Il décuple l’exigence extérieure (supporters, partenaire, collectivités). Pour avoir fait deux entrées dans de nouveaux stades (Caen et Le Mans), je résumerais l’opinion du public ainsi : à « dans l’ancien stade : super équipe et stade de merde » succède « super stade et équipe de merde ». Avec une pression négative qui augmente dans le temps.

Les finances des clubs sont-elles trop fragiles ?

De tout temps, les dirigeants ont été poussés par l’environnement et par leur ambition de dépenser plus pour obtenir de meilleurs résultats (au profit des joueurs et des techniciens surtout). Comme au casino, ils jouent prudemment à quitte ou double.
En 1949, un hebdomadaire spécialisé écrivait : « Si les dirigeants continuent de dépenser autant d’argent, dans 3 ans le professionnalisme n’existera plus. »
Dans les années 70, Claude Bez, futur président de Bordeaux me disait : Je fais une étude de tous les grands championnats européens. Ils font tous 10 % de déficit par saison.
Malgré la DNCG, peu de choses ont changé.

Quel est ton meilleur souvenir de foot ?

Un but victorieux en Finale de Coupe Suisse avec le FC Zurich contre le FC Bâle et tous les succès avec les équipes que j’ai entraînées.

Comment vois-tu ton avenir ? Dans le football ou en dehors ?

Je continue à faire quelques missions dans le football. Mais j’ai surtout décidé de profiter de la vie. En attendant que le football me rattrape, même si ce n’est pas mon intention.

 

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