Océane Grange, joueuse du Grenoble Foot 38 (D2 Féminine) : « Le football c’est plus qu’une passion, cela fait partie de ma vie !

Océane Grange, joueuse du Grenoble Foot 38 (D2 Féminine), nous raconte sa passion pour le football et son parcours : « Le football c’est plus qu’une passion, cela fait partie de ma vie !

 

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Qui es-tu Océane Grange ?

Je m’appelle Océane et j’ai 22 ans. Je joue au Grenoble Foot 38 et je fais du football en club depuis l’âge de 8 ans. Je suis originaire de Lyon et c’est ma 4ème année à Grenoble.

 

Raconte-nous ta jeunesse footballistique à Brignais ?

J’ai commencé à l’AS Brignais en poussins 1ère année. Avant de m’inscrire, j’avais fait quelques entraînements et matchs et comme cela m’a plus, je me suis inscrite. J’étais l’une des premières filles au club. Au début, il y avait 2 ou 3 garçons qui ne « m’acceptaient » pas trop dans leur équipe comme j’étais une fille, pour eux j’étais nulle. Mais au fil du temps, ils ont vu que finalement j’étais comme eux et que je n’étais pas si mauvaise pour un début… et pour une fille. Au final, je me suis entendue avec tout le monde, j’étais leur « pote » et il ne faisait plus attention au fait que je sois une fille.
En jeune on faisait beaucoup de tournois et je recevais souvent le trophée de la meilleure fille. J’étais vraiment fière de recevoir un trophée.
J’ai commencé par jouer défenseur droit avec quelques fois la place de « libéro » Quand on est passé sur grand terrain à 11, en -13 ans, je suis montée d’un cran en jouant milieu droit. J’aimais bien ce poste et je marquais des buts, plus qu’en défense. Plusieurs fois cela m’est arrivé de marquer en voulant centrer au départ !
Une fois en match j’ai fait pleurer un garçon. Il était derrière moi, je reçois la balle et je fais une feinte de corps pour laisser passer le ballon et me retrouver en position pour aller au but. Il est tombé sur la feinte et il a pleuré. C’était la honte pour lui !

 

Tu as pourtant commencé le sport en club par le Judo ?

J’ai même commencé par le basket mais je n’y allais jamais car je n’aimais pas. Je me suis ensuite inscrite au judo, au début ça me plaisait bien mais au bout d’un moment j’ai été lassée et j’y allais moins. J’allais aux entraînements de foot d’un enfant que ma mère gardait (elle est assistante familiale). J’ai quand même fait une 2e année, je ne sais pas pourquoi, mais je désertais souvent les entraînements pour aller au foot.
Du coup, la saison d’après j’ai abandonné le judo pour le foot et je n’ai pas lâché depuis.
Je préfère les sports collectifs aux sports individuels. L’ambiance est différente.

 

Souvent les filles gardent de bons souvenirs de la mixité des premières années. Et pour toi ? 

J’en garde un très bon souvenir ! C’était une sorte de challenge, de montrer aux garçons des équipes adverses qu’une fille pouvait être meilleure et pouvait les humilier. Ça m’a fait bizarre de jouer seulement contre des filles. C’est très différent. Quand j’étais avec les garçons c’était plus physique, plus rapide. Et puis, il n’y a pas toutes les petites « embrouilles » de filles. Les filles, on aime bien râler au lieu de jouer !

 

Le football, c’est une vraie passion ?

Bien sûr, c’est même plus que ça ! Ça fait partie de ma vie. J’ai fait et je fais pas mal de sacrifices. Le foot passe avant beaucoup de choses, même avant ma famille souvent.

 

Après plusieurs essais, tu intègres l’Olympique Lyonnais. Un rêve ?

C’était magique ! Quand on m’a appelé pour me dire que j’étais prise à l’OL, j’étais très émue, c’était juste avant d’aller à l’un de mes derniers matchs avec l’AS Brignais. J’étais vraiment contente, c’était un rêve qui se réalisait. Tout jeune joueur rêve d’intégrer un club professionnel.
J’ai d’ailleurs toujours la lettre qu’on m’avait envoyé pour me dire que j’étais retenue pour intégrer l’Olympique Lyonnais. Les équipements, les conditions d’entraînements, les infrastructures, c’était énorme.

 

A la même période tu intègres la section sport-étude du lycée Frédéric Fays à Villeurbanne. Ce n’est pas trop dur à gérer Foot et études ?

Le plus dur à gérer était quand même le rythme. On s’entraînait 7 fois dans la semaine dont deux fois le mardi et deux fois le mercredi, plus le match du dimanche. C’est énorme, surtout quand on est habitué à 2-3 entraînements par semaine. Au niveau des cours, on avait un aménagement qui nous permettait de suivre les cours et en même temps s’entraîner. Le club avait un partenariat avec le lycée. On avait le mardi matin et le mercredi de libre pour aller s’entraîner et sinon nous finissions les cours à 16h00 pour être sur le terrain à 16h30. La seule « contrainte » était qu’au lieu de passer notre Bac sur 3 ans (seconde, première, terminale), on le passait sur 4 ans. La première année, on faisait les 3/4 de la seconde puis la deuxième année, on finissait la seconde et on faisait la moitié de la première et la troisième année, on faisait l’autre moitié et seule la dernière année était consacrée pour toute la terminale comme c’est l’année du Bac. C’était donc un rythme scolaire plutôt tranquille. Mais quand on passe d’une scolarité sport-étude à une scolarité classique, on voit très vite la différence et le rythme est beaucoup plus rapide.

 

Tu t’intègres bien mais une blessure aux ligaments croisés vient gâcher ta progression. Dur à vivre ?

C’était un gros coup dur ! Première blessure et en plus de cela, grosse blessure qui m’a éloignée des terrains pendant 10 mois entre le moment de ma blessure et celle de mon match de reprise. Heureusement, j’avais un bon entourage. Ma famille et mes amis m’ont bien aidé à garder le sourire et surtout le moral pendant toute cette période difficile. Ma kiné a bien été courageuse aussi car je râlais tout le temps, je voulais aller plus vite que la musique et jouer au foot le plus rapidement possible.

 

En veux-tu encore à Fred Strappazzon de ne pas t’avoir soutenu pendant cette période ?

Oui un peu, je me suis blessé en match et c’était lui l’entraîneur principal. Pendant toute la durée de ma blessure il a dû prendre de mes nouvelles 2 fois ! Même après mon opération, je lui ai envoyé un message et il m’a répondu 3 semaines après. Donc oui cette période me reste en travers de la gorge. Pour le reste, je n’en serais peut-être pas là ou j’en suis maintenant. Je me dis que c’est un mal pour un bien, même si j’ai été déçue.

 

Pour te reconstruire, et en fin de contrat à l’OL, tu signes à Caluire (DH Féminine). Une histoire de football et surtout humaine ?

C’était deux très belles saisons, tant du côté football qu’humain. J’ai rencontré une famille, les joueuses, les coachs, les dirigeants, c’étaient vraiment de belles personnes qui m’ont beaucoup appris. On était tous dans le même bateau avec le même objectif, malheureusement non atteint, et avec un coach (Tanguy Merceur) prêt à tout pour nous. J’en garde un super souvenir !

 

Après avoir retrouvé le goût du football, tu choisis Claix Football pour le haut niveau ?

À la fin de ma 2ème saison à Caluire, il y avait des choses au club qui n’allait plus et qui commençais à m’énerver un peu. Je voulais partir et je voulais jouer plus haut. Nico m’a contacté pour venir jouer à Claix, je suis allée faire un match amical avec eux. Quelques jours après le nouveau coach (Teddy Palermo) m’appelait pour savoir mes projets et si j’étais intéressé pour venir jouer. Les coachs m’appelaient souvent. J’ai longtemps réfléchi et j’ai fini par accepter le challenge de jouer en D2 Féminine. Je savais que ça n’allais pas être facile mais j’y suis arrivée ! Je ne regrette pas mon choix

 

Aujourd’hui, le club a fusionné avec le Grenoble Foot 38 et évolue en D2 Féminine. Comment se passe cette saison ?

Cette saison est une année de transition. On a pu avoir un terrain d’entraînement fixe au lieu de se balader de terrain en terrain. On a pu profiter du stade Lesdiguieres sur certains matchs. Ce qui manque, c’est un échange avec les garçons du club !

 

La montée va être compliquée à atteindre cette saison mais sous combien de temps pensez-vous pouvoir le faire ?

Si ce n’est pas cette saison, ce sera la saison prochaine. On peut le faire quand on voit qu’on est capable de battre les premiers de la poule. On a manqué d’efficacité et de maturité à certains moments, il faudra corriger ces points la saison prochaine. On a été handicapés par de nombreuses blessures également.
Si on « tire » toutes et tous dans le même sens, alors la montée sera présente.

 

Que se passera-t-il si un club de D1 Féminine vient te chercher ?

Ça serait très flatteur. Cela me ferait réfléchir suivant les propositions. Pour l’instant, je suis à Grenoble et j’y suis bien.

 

Défenseur central, pourquoi ce poste ?

C’est Jean-Nicolas Volff, mon coach en U15 qui m’a lancé à ce poste. Quand je suis arrivée à l’OL, je jouais milieu droit ou gauche. En match amical de début de saison, il m’a fait débuter défenseur central, j’avais jamais joué à ce poste donc au niveau du placement et du rôle j’étais perdue mais je me suis bien débrouillé puisque j’ai fait toute la saison derrière dans l’axe. Au début, je n’aimais pas trop préférant attaquer que défendre. Entre la première année U15 et cette saison, je suis passée par tous les postes défensifs que ce soit sur les côtés, au milieu ou dans l’axe.  Mais maintenant c’est bien défenseur central que je préfère, c’est un poste où je me sens bien. On est les patrons de la défense !

 

Que fais-tu en dehors du football ?

Je suis actuellement factrice, je travaille pour mettre de l’argent de côté et pouvoir financer mon BPJEPS, qui est une formation dans le sport. J’aimerais devenir coach sportif.

 

Tu as fait des études en STAPS. Que comptes-tu en faire de ses études ?

Je suis allée à la Fac de septembre à décembre, j’ai ensuite arrêté car je n’aimais pas le fait de devoir être plus souvent chez moi à regarder les cours vidéos plutôt que d’assister à un cours avec un professeur avec qui on peut dialoguer quand on le veut. Malgré cela et malgré le peu de temps que j’y suis restée, j’ai quand même appris des choses sur le sport en général qui servent au quotidien.

 

A 22 ans, quels sont tes ambitions pour les prochaines années ?

Tout d’abord la montée avec Grenoble pour jouer en D1 Féminine. J’aimerai aussi jouer la Ligue des Champions. Ce serait un beau challenge.

 

L’étranger, c’est possible ?

Évidemment ! J’aimerais aller jouer à l’étranger, découvrir une autre culture du foot mais aussi apprendre la langue. L’Allemagne, l’Angleterre et l’Espagne pour l’Europe. Les États-Unis, je ne sais pas… à voir. Cela ne m’attire pas trop pour le moment.

 

Et les Bleues, tu y crois toujours ?

Oui, tant que je joue, j’y crois. Je suis encore jeune et le foot ça peut aller très vite. J’arrêterais d’y croire quand j’arrêterais de jouer au foot !

 

Que penses-tu des Bleues ?

Les Bleues… c’est beaucoup de Lyonnaises surtout (sourire)
Elles montent en puissance! Avant on espérait voir les bleues se qualifier pour les phases finales maintenant on espère qu’elles gagneront la finale. Dans toutes les compétitions on en entend parler! Ce sont des exemples pour toutes les jeunes joueuses. C’est un rêve!

 

Quel est ton club favori ?

Le Real Madrid

 

Et ton joueur et ta joueuses ?

Sergio Ramos, c’est un modèle. Défenseur central comme moi. C’est le meilleur à ce poste, il est décisif et à un super jeu de tête.
Pour ma joueuse, c’est Amel Majri. J’ai joué avec elle en U18 à l’OL. Déjà à cette époque elle était au-dessus. Elle a su prendre et saisir sa chance et maintenant elle fait partie des meilleures joueuses françaises. Elle a travaillé pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Elle n’a jamais lâché même dans les moments difficiles. Beaucoup d’estime pour elle. Force à toi Amel !

 

Quel est ton plus grand souvenir de foot ? (Sur et en dehors du terrain) ?

Mon plus grand souvenir sur le terrain est pour le moment mon but de la tête contre Val d’Orge cette saison. Mon tout premier but de la tête en plus contre le leader.
En dehors du terrain, c’est la Coupe du Monde 2006 où la France perd la finale. Le « coup de boule » de Zidane et la défaite aux penaltys. J’ai pleuré toute la soirée.

 

As-tu une exclue pour moi ?

Il y a 2 ans j’étais en vacances à Barcelone, j’ai envoyé un message sur Facebook à la coach du FC Barcelone Féminine pour aller faire un entraînement. J’attends encore qu’elle me réponde. Je ne sais même pas si elle a lu mon message.

 

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Pour définitivement bien te connaitre, « l’interview en un mot » : 

Ton artiste : Gad Elmaleh
Ton film culte : Le dîner de cons
La chanteuse : Rihanna
Ton chanteur : Christophe Maé
Ton appli mobile : Snapchat
Ta série TV : Grey’s Anatomy
Ton acteur(rice) : Patrick Dempsey
Ton look de tous les jours : Sportif
Ton style vestimentaire pour les sorties : Jean, haut sans manches et veste longue
Dans ton dressing : Beaucoup de chaussures et une collection de crampons
Ta couleur fétiche : Bleu
Foot manager ou FIFA : FIFA 

 

 

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