JO Rio 2016 – Nouvelle désillusion pour l’équipe de France féminine de football. C’est l’heure des grands changements

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Nouvelle désillusion pour l’équipe de France féminine de football, une nouvelle fois éliminée par le Canada en quarts de finale des Jeux Olympiques de Rio 2016.

Les Jeux Olympiques de Rio 2016 sont terminés depuis plusieurs jours et la délégation Française peut se réjouir du nouveau record de médailles (d’après-guerre) avec 42 médailles dont 10 en or. Malheureusement, les Bleues de l’équipe de France Féminine de Football n’y auront pas contribué (ni le football masculin d’ailleurs, qui lui n’était même pas qualifié pour les JO de Rio).

Dans le tournoi Olympique de football féminin, alors que les États-Unis, quadruple championne Olympique (1996, 2004, 2008 et 2012 plus une défaite 2000), sont, pour la première fois de l’histoire Olympique, éliminée en quart de finale par la Suède, toute la France se met à rêver d’un titre Olympique ou au moins d’une médaille. La meilleure nation au monde n’est plus là et les Bleues vont rencontrer le Canada en quart de finale, qui à la surprise générale a fini première de son groupe devant l’autre pays favori, l’Allemagne (2ème nation mondiale) .

Mais avec les Bleues rien ne se passe jamais comme l’on pourrait l’espérer. Les Canadiennes qui avaient déjà battu l’équipe de France lors de « la petite finale » des JO Londres 2012, les privant ainsi de la médaille de bronze, ont récidivé. Malgré la domination  des Bleues face à de jeunes mais ambitieuses Canadiennes, l’équipe de France féminine de foot s’est fait éliminer (0-1) en quart de finale du tournoi des JO Rio 2016 sur la pelouse de Sao Paulo.

Les Bleues, 3ème nation mondiale au classement FIFA, avaient pourtant grandi, muri et surtout promis qu’on ne les surprendrait plus afin de ne plus vivre les désillusions du Mondial 2011 (demi-finale : 4ème), de l’Euro 2013 (quart de finale), des JO Londres 2012 (demi-finale : 4ème), du Mondial 2015 (quart de finale) et des JO Rio 2016 (quart de finale). Malheureusement, cela n’a encore pas suffit.

Les nouvelles championnes Olympiques sont donc l’Allemagne de Silvia Neid, 52 ans et sélectionneur la Mannschaft féminine depuis 2005, vainqueur de la surprenante mais rafraichissante équipe de Suède (2-1) amenée par l’ex-Lyonnaise Lotta Schelin.

L’échec de Bergeroo ?

Lors des précédentes compétitions, nous avions (presque) tous mis en avant la gestion de Bruno Bini et son travail sur la vie de groupe plutôt que sur la performance (je fais volontairement un raccourci mais les spécialistes du foot féminin comprendront). Force est de constater qu’avec une nouvelle façon de manager le groupe Bleues, c’est aussi un échec.

Le sélectionneur Philippe Bergeroo, qui vient de perdre deux fois à ce stade de la compétition, en est forcément le premier responsable. Le mode de fonctionnement est clairement différent du précédent staff (dans l’approche en tout cas). Les joueuses ont également changé avec un rajeunissement global du groupe, sans pour autant perdre les joueurs expérimentés. Bergeroo a été très critique sur ses joueuses après l’élimination : «Cette équipe manque de flamme dans les moments importants», poursuivant même «cette génération aura payé tous ses problèmes mentaux».

Mais Monsieur Bergeroo vous le saviez avant même votre prise de fonctions, que les Bleues avaient un problème dans ce domaine ! Qu’avez-vous mis en place durant ces dernières années pour arriver aux Jeux Olympiques de Rio 2016 dans les meilleures conditions ?

L’échec de la FFF, de la D1 Féminine et des clubs ?

Il serait bien sûr trop réducteur d’incriminer Philippe Bergeroo et son staff. La Fédération se berce depuis plusieurs années de la bonne image du football féminin. Cela permet à celle-ci de respirer un peu après avoir subi la foudre du côté des garçons. Du coup, « tant que les filles donnent une bonne image de football français, profitons-en » ne se cachent pas certains cadres de la FFF. Cela même au détriment de la performance.

La D1 Féminine est aussi un point faible pour les Bleues avec des différences trop importantes selon les clubs. Cela va sans doute changer au fil des années, avec une meilleure structuration des clubs, l’investissement des clubs professionnels dans le foot féminin et le remodelage de la D2 féminine qui va permettre une meilleure élite. Mais cela sera positif pour les générations futures, pas pour la génération actuelle. Ces décisions ont été longues à être mises en place.La Fédération a trop tergiversé sur le sujet. La FFF n’a pas non plus suffisamment incité les grands clubs de Ligue 1 et Ligue 2 à investir dans le football féminin. Nous en sommes seulement aux prémisses ! Enfin, les clubs professionnels commencent enfin à comprendre que le football féminin est un atout pour eux et qu’il faut y investir de l’argent que ce soit pour l’équipe féminine A, dans les structures d’entrainement et les conditions de travail mais également dans la formation au même titre que pour les garçons.

L’échec des joueuses ?

C’est sans doute la fin d’une génération de joueuses talentueuses. Louisa Necib a officiellement annoncé sa fin de carrière mais elle ne sera sans doute pas la seule à ne pas participer à la prochaine compétition internationale (l’Euro 2017 aux Pays-Bas). Malgré les apparences, cette génération n’a pas toujours été celle des meilleures amies du monde comme le prouve, entre autres, le « problème » Gaëtane Thiney. Des tensions entre les joueurs des clubs phares Lyon, PSG, Juvisy, Montpellier existaient vraiment.Cela à forcément eu des conséquences dans les moments clefs. Mais ce qui est difficile à comprendre est pourquoi les « anciennes » par l’expérience, Bouhaddi (Lyon), Georges (Paris-SG), Boulleau (Paris-SG), Renard (Lyon), Abily (Lyon), Bussaglia (Wolfsburg, ALL), Henry (Portland Thorns FC, USA), Necib (Lyon), Thomis (Lyon), Delie (Paris-SG), Le Sommer (Lyon), Thiney (Juvisy) n’ont jamais réussi à hausser leur niveau de jeu et surtout leur niveau mental lors des matchs clefs. Pourquoi ces joueuses qui ont tant apporté à la reconnaissance du football féminin en France depuis 10 ans, ont échoué au pied des podiums et des médailles à plusieurs reprises sans qu’individuellement on ne ressente un changement. Quel travail ont-elles mis en place pour compenser cette lacune ?

Ce qui est sûr à la sortie de ces Jeux Olympiques Rio 2016, c’est que cette nouvelle phase finale d’une grande compétition est un nouvel échec. Le constat est encore plus grave quand on y regarde de plus près et qu’on observe que ce sont toujours les mêmes problèmes qui empêchent les Bleues d’avancer !

  • le mental
  • la tactique (le même 4-3-3 pour Bini et Bergeroo)
  • l’attaque (plus précisément la finition)

 

Cette équipe dégage un fort élan de sympathie comme le prouve le nombre de spectateurs lors des matchs précédant les JO Rio 2016. Il y avait 24 835 spectateurs pour la victoire (1-0) des Bleues en éliminatoires de l’Euro 2017 face à la Grèce, en juin, à Rennes (Plus que la moyenne annuelle du Stade Rennais au Roazhon Park). Fin juillet,  lors d’un match amical à Auxerre, les Bleues avaient battu le Canada (1-0), dans un stade de l’Abbé-Deschamps à guichets fermés (17 589 spectateurs).

 

La Coupe du monde 2019 aura lieu en France et cela est une excellente nouvelle pour le  développement du football féminin en France qui compte maintenant plus de 100 000 licenciées. Une victoire en compétition internationale accélèrerait évidemment le processus de mise en avant de ce sport en France mais pour y parvenir, il faut dès maintenant prendre des décisions fortes. Quitte à faire l’impasse sur l’Euro 2017 ?

 

 

Alors à l’approche de cette compétition à domicile, il est sans doute l’heure des grands changements pour repartir sur une nouvelle dynamique.

 

fier d'être bleues

 

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