Jean-Marc « Jimmy » Adjovi-Boco : « A Lens, le football c’était le bonheur total ! »

Jimmy Adjovi-Boco, ancien joueur professionnel et international Béninois revient avec nous sur son parcours dont il a connu l’apogée au RC Lens. Passionné par le jeu et par les hommes, cet homme au grand cœur aide aujourd’hui les autres à accomplir leur rêve. Du Bénin à la France, il n’y a qu’un pas.

JM ADJOVI-BOCCO

 

Qui es-tu Jean-Marc Adjovi-Boco ?

Je suis un ancien footballeur professionnel, né au Bénin et j’ai grandi en France, dans l’Oise.

Pourquoi on t’appelle Jimmy alors que ton prénom est Jean Marc ?

Très jeune mes amis ont transformé le J.M. de Jean Marc en Ji-mmy et cela est resté.

Raconte-nous ta jeunesse footballistique au Bénin ?

En fait, je n’ai pas grandi au Bénin, je suis arrivé en France à l’âge de 2 ans donc je n’ai pas eu de jeunesse au Bénin.

Comment c’est passé ton arrivée en France ?

Nous avons d’abord habité en région parisienne puis à Orry la Ville dans l’Oise où j’ai passé ma jeunesse.

Orry la Ville, Chantilly, Creil, Amiens, Rouen et Tours. Peux-tu nous raconter des histoires marquantes de ces expériences ?

Il y a eu beaucoup de belles histoires durant ma carrière :

Orry la ville : j’y faisais surtout de l’athlétisme et l’entraineur à l’époque nous déconseillait d’aller jouer au foot. Il disait les « footeux » ne s’échauffent pas, n’ont pas de réel programme d’entraînement, ils ne font que « taper dans le ballon » ! Mais tous mes amis jouaient au foot…

Chantilly : je ne pouvais m’entrainer toute la semaine car j’allais à l’école d’Air France dans le Sud de Paris. Je ne revenais que le week-end et je jouais. Toute la semaine je m’entrainais contre le mur du gymnase de l’École Technique d’Air France où je faisais mes études dans l’aéronautique.

Creil : le haut niveau commençait mais avec une belle équipe de copain. Noël Gillion qui était entraineur – joueur (défenseur central), nous disait régulièrement en causerie d’avant match :  » les défenseurs, si nous ne prenons pas de but, les attaquants nous assurent le nul » Beaux souvenir !

Amiens : le « retour au sources » Africaine. Un de mes meilleurs amis Babacar MBAY (Youyou) avait accueilli les joueurs d’origine africaine qui venaient d’arriver au club. Nous mangions chez lui, nous écoutions la musique africaine, nous dansions, nous rigolions et nous jouions au foot.  J’ai retrouvé à ce moment-là mes racines.

Rouen : début de saison exceptionnel puis une vielle blessure qui m’a stoppé dans mon élan. Ensuite, ai eu du mal à retrouver mon niveau et l’entraineur décide alors de ne pas renouveler mon contrat qui était de 1 an. Cet entraineur qui a joué un grand rôle dans ma carrière était Arnaud Dos Santos. C’est lui qui me fera ensuite venir à LENS.

Tours : j’y ai passé trois superbes années. Mais des problèmes financiers lors de ma dernière année ont fait que j’ai refusé de prolonger mon contrat. Je n’ai voulu prendre le risque de ne pas retrouver de club. J’ai été 1 mois au chômage et alors que j’étais sur le point de signer au Racing Paris 1 en C.F.A. (3ème division à l’époque), Arnaud Dos Santos m’appelle en me disant qu’il cherchait un défenseur pour compléter l’effectif du RC Lens qui venait d’être repêché à la place de Bordeaux et Brest qui été eu rétrogradés.

Ensuite il y a Lens pendant 6 saisons (de 1991 à 1997). Que retiens-tu de ces années Lensoises ?

Le bonheur total ! La première division, un club mythique, les supporters, un club familial… Mais tout n’a pas commencé de la meilleure des façons puisque pour mon premier match j’ai été expulsé à la 12ème minute. Cela commençait mal.

Puis en février 1992, il y a eu ce match fabuleux contre Marseille devant le record d’affluence pour un match de 1ère division en France (48 912 spectateurs). Ce fameux débordement après avoir passé Deschamps, Angloma et Basile Boli et ce centre pour Roger Boli à la 5ème minute pour le 1er but d’un match que nous avons gagné 2-1. Ma carrière à Lens a vraiment commencé ce jour-là.

rclens

Qu’est ce qui t’a le plus marqué à Lens ?

Les copains ! Nous avions vraiment une belle équipe de copains et nous entendions parfaitement avec les supporters mais aussi les salariés du club. L’ambiance y était familiale, amicale, solidaire mais très professionnelle aussi. Ce sont ces valeurs qui ont construit les succès que nous avons connus. C’est à mon sens ce qu’est et doit rester le RC Lens

Gervais Martel, c’est vraiment un mec bien ? 

Gervais est vraiment un mec bien, ce n’est pas qu’une rumeur ! Je ne suis pas toujours d’accord avec certaines de ses décisions mais c’est sans aucun doute un mec bien. 

Tu as fini ta carrière en Écosse (Hibernian FC), pourquoi ce pays ?

Je terminais ma carrière et je voulais connaitre le football Anglo-saxon. J’ai cherché à aller en Angleterre sans trouver de club et cette offre s’est présentée. J’y ai passé une année extraordinaire. Pas au niveau des résultats, puisque nous avons été relégués, mais j’ai découvert un pays magnifique et des gens d’une grande gentillesse et de véritables passionnés de football.

As-tu toujours évoluer au poste de latéral gauche ?

Non, avant Lens je jouais surtout au poste de latéral droit.

Tu as été également joueur et capitaine de la sélection du Benin. Une fierté ?

Un très grande fierté d’avoir joué pour mon pays d’origine car j’ai la chance d’avoir la double Nationalité Béninoise et Française. Vous ne pouvez pas imaginer ce que cela fait de représenter son pays en étant capitaine de l’équipe. 

As-tu des regrets quand tu te retournes sur ta carrière ?

Je n’ai aucun regret, j’ai la chance d’avoir pu vivre de ma passion et de jouer dans un des plus grands clubs français, d’avoir été capitaine du Bénin alors que je n’avais jamais eu l’envie particulière de devenir footballeur professionnel. J’avais fait des études dans l’aéronautique et avais travaillé à Air France avant d’embrasser cette carrière professionnelle. 

Que deviens-tu maintenant ?

J’ai créé et développé le projet DIAMBARS. Cest un centre de formation du type sport études au Sénégal avec Bernard Lama, Patrick Viera et Saer Seck. Ce projet est devenu une référence en matière de sport et d’éducation en Afrique. (Article sur projet Diambers : ici)

Et ton projet de réseau de garages solidaires « Centre Auto Repair »?

J’ai créé avec mon frère un garage solidaire ou self garage, où les gens peuvent faire réparer ou réparer eux même leur véhicule. J’essaye de mettre mes réseaux et mes compétences au service de projets d’économie sociale et solidaire. 

Rêves-tu d’intégrer un club pro pour y travailler ?

Ce n’est pas un rêve du tout. J’ai aujourd’hui de nombreuses activités et le monde du football professionnel d’aujourd’hui ne me fait plus rêver. Il me passionne, j’y ai encore de nombreux amis, je joue un rôle pour essayer de le faire évoluer, mais je n’ai aucune envie particulière de travailler dans un club professionnel. 

Consultant dans le football cela te plairait ?

J’ai des activités qui me permettent de rester proche du monde du sport. Je suis consultant pour le développement de projet sportifs de grande envergure dans plusieurs pays africains. Je suis responsable du cluster sport de la fondation Africafrance. J’interviens auprès de l’UNESCO et de l’Union Européenne pour apporter mon expérience.

Quel joueur t’a le plus marqué durant ta carrière ?

Le joueur qui m’a le plus marqué est Mister Georges (George Weah). Grand joueur et grand Monsieur, la grande classe.

Quel est ton plus grand souvenir de foot ?

Mon plus grand souvenir de foot est le match Lens-Marseille de Février 92, gagné 2-1. La passion autour de ce match, l’ambiance sur le terrain,le plaisir et la fierté que nous avions pu donner au gens pour des semaines, des mois et des années, c’était unique. Les gens en parlent encore, c’est dire ce qu’il avait pu leur procurer comme émotion. Voilà pourquoi j’aime ce sport, pour les émotions qu’il procure.

As-tu une exclu pour moi ?

Une très grande exclusivité même, je n’ai toujours pas marqué de but… la légende continue !

 

 

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4 réflexions sur “Jean-Marc « Jimmy » Adjovi-Boco : « A Lens, le football c’était le bonheur total ! »

  1. salut Jimmy
    après quelques années dans le département de l’ aisne puis dans le sud de la france me voilà de retour dans le Pas De Calais, envoie moi si tu le souhaites ton numéro de tel
    bises

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  2. Salut Jimmy,
    Je ne sais pas si tu te souviens e moi, mais peu importe, moi par contre je n’ai pas oublié ces merveilleux moments que tu as passé avec nous à l’A.S. Creil.
    Tu as quitté le club, l’année où j’ai quitté la présidence, suite à l’éviction de Stefan Bialas. Nono avait repris le club jusqu’à la fin de la saison, puis a quitté le club (promesse non tenue de B.F. et 8 des meilleurs joueurs quittent le club.
    En ce qui te concerne, j’ai suivi ta carrière, comme celle de Youyou, E. Warmez, Saîd Hamimi, Guy Mengual, Marc Delaroche…..tous ceux que je vu pour certains grandir au club, une époque bien lointaine mais avec de merveilleux souvenirs.
    Amicalement,
    Guy Henner

    guy.henner@free.fr

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