Julien Chaumet, footballeur au parcours atypique de Saint Etienne à l’Australie

Il y a des joueurs qui ont un profil atypique mais qui savent profiter de la vie à fond ! Julien Chaumet, né à Saint Etienne, passé par l’Auvergne vient de débarquer en Australie pour vivre la vie et le football autrement. Rencontre avec ce gardien de but très attachant.

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Qui es-tu Julien Chaumet ?

Peut-être un footballeur-voyageur de 25 ans, né à Saint Étienne !

Le football, c’est forcément une histoire de jeunesse quand on est originaire de Saint Étienne ?

Oui c’est certain. Quand tu arrives sur Saint Étienne la première chose que tu vois c’est le stade. Alors quand tu es Stéphanois de naissance, souvent, le premier sport pratiqué c’est le football. L’ASSE et les mines, c’est l’essentiel du patrimoine historique de la ville et des Stéphanois.

Puis tu pars au centre de formation de Clermont-Ferrand ?

Oui, à l’époque je voulais absolument aller au centre de formation des Verts mais les places étaient chères et le niveau trop relevé. J’ai eu la chance de pouvoir aller à Clermont où j’ai passé de magnifiques années sportives avec des copains extraordinaires.

L’Auvergne te plait car ensuite tu signes à Montluçon puis Yzeure?

L’Auvergne c’est un peu ma région d’adoption, j’ai vraiment passé du bon temps. Je me suis fait énormément d’amis. Du Cantal à l’Allier, c’est une région magnifique. C’est drôle car cette semaine j’étais dans une petite boutique à Melbourne et j’ai trouvé un bouquin du genre de « lonely planet » qui avait placé l’Auvergne dans le top 10 des plus belles régions du monde ! Puis en lisant un peu l’article, je me suis rendu compte qu’elle était décrite comme un territoire rustique et dépourvu de civilisation…

Ta dernière expérience Auvergnate fut Moulins où tu as vécu une belle aventure humaine?

La ville de Moulins et son club me tiennent vraiment à cœur. C’est énormément de bons souvenirs avec la coupe de France, le championnat etc… mais en dehors du sportif c’est surtout les personnes que j’ai pu côtoyer. Au moment du parcours de coupe de France on avait une équipe extra avec des mecs d’origines différentes, des parisiens, des vieux, des jeunes, de vrais auvergnats du Cantal, des fous, des calmes, c’était un drôle de mélange. Parfois c’était usant mais généralement on rigolait bien. Par exemple, on avait deux anciens, Pedro Kamata et Loïc Chalier, ils étaient différents mais à la fois complémentaires, ils géraient les jeunes à leurs façons.

« Cette année-là, on savait que n’importe quel joueur ferait l’effort pour le copain »

Raconte-nous l’aventure en Coupe de France jusqu’en quart de finale en 2013-2014?

Je crois que si on à fait ce parcours de coupe de france c’est en parti grâce à une bonne gestion du groupe. C’est important de pouvoir faire confiance à tout le monde dans une équipe. Cette année-là, on savait que n’importe quel joueur ferait l’effort pour le copain. On était exigent et travailleur, on était dans une bulle et on partageait tout entre nous.

Pourquoi avoir choisi le poste de Gardien de But ?

Parce que Fabien Barthez m’a fait rêver pendant la coupe du monde 1998.

C’est un poste un peu à part dans le football ?

Oui c’est sûr, c’est pas le même sport. Souvent les joueurs disent « mais pourquoi t’es gardien ! » C’est une concentration complément différente, l’approche du match n’est pas la même. Gardien de but, tu dois rester dans ton match pour défendre un but, une erreur et c’est pour ta pomme ! Les joueurs, surtout les offensifs, ils n’ont pas ce problème. Et puis je crois qu’il faut être un peu fou.

« C’est merveilleux d’être gardien de but ! »

C’est quoi tes points forts comme Gardien de But ?

C’est difficile de sortir des points forts car aujourd’hui les gardiens modernes font 1m95, c’est une nouvelle mode. Avec mon 1m82, je fais partie des petits gardiens et du coup on est probablement plus rapide et on doit compenser avec de l’agressivité, une bonne lecture du jeu, une détente et une explosivité plus importante.

Que conseillerais-tu aux jeunes qui souhaiteraient devenir Gardien de But ?

C’est un poste extraordinaire où tu peux être mis en avant très rapidement pendant un match. Mais pour réellement prendre du plaisir je crois qu’il faut énormément travailler pendant la semaine, c’est une répétition de mouvements, de gestes techniques et d’attitudes. C’est merveilleux d’être gardien de but !

Tu viens de partir pour Melbourne en Australie. Pourquoi ce choix ?

Les voyages c’est un peu toute ma vie, d’ailleurs je me faisais chambrer dans le vestiaire car on partait avec ma copine à traverser les pays en stop avec un sac à dos, ce n’est pas très commun dans le monde du foot. Puis je fais mes études en parallèle du foot et la mobilité internationale dans le monde du travail devient essentielle. Si tu ne parles pas Anglais c’est très compliqué. Alors c’était le moment pour moi de partir de Moulins, ma copine a eu une opportunité de stage puis moi une opportunité au foot, alors on s’est dit qu’on allait voyager encore un peu plus.

C’est plus un choix de vie que pour le football ?

Oui c’est essentiellement un choix de vie, une aventure. C’est aussi sortir du confort pour prendre des risques. Mais je crois que ce sera une belle expérience quoi qu’il arrive.

« Mais ici en Australie le foot c’est complétement diffèrent. Le ballon reste tout le temps au sol. Ce n’est pas du tout le même jeu. »

As-tu trouvé un club ?

Oui j’ai trouvé un club, Kingston City FC, on s’entraine 4 fois par semaine puis on joue le week-end. C’est un bon petit club qui se structure. Mais ici le foot c’est complétement diffèrent. Le ballon reste tout le temps au sol et tu prends beaucoup de risques. Ce n’est pas du tout le même jeu. Puis le système de recrutement est hyper bridé pour les étrangers. Tu ne peux pas recruter plus de 2 étrangers « visa player » par équipes, ils veulent développer la formation purement Australienne.

Tu vas devoir travailler en plus du football ?

Oui je travaille, j’ai fait quelques boulots mais là j’ai trouvé mon rythme car je travaille les matins et m’entraine les soirs.

L’Australie, c’est pour la vie ?

Je ne sais pas encore, il y a tellement de pays à voir dans le monde ! On est très bien ici mais je vais devoir peut-être retourner en France pour finir mes études pendant un an.

Quelles sont tes rêves footballistiques pour le reste de ta carrière ?

J’ai eu beaucoup de rêve pendant un temps mais maintenant j’en ai un peu moins. Si je reviens en France, je voudrais trouver un club comme Moulins. Familiale mais à la fois compétitif. Puis revivre des parcours de coupe de France et jouer des montées de CFA 2 ou encore de CFA.

Tu aimes faire quoi en dehors du foot ?

Tu te doutes que j’aime voyager. Mais j’aime beaucoup le vélo et la montagne. Je fais mes études dans l’urbanisme donc j’apprécie la morphologie urbaine et les analyses sur la conception de la ville, des villages, l’aménagement.

Quel joueur t’a le plus marqué durant ta carrière ?

J’ai joué avec beaucoup de mecs qui méritent de l’attention comme Jason Berthomier et Mickael Alphonse pour leurs parcours avec Bourg Péronnas. Mais je crois que Pedro Kamata m’a vraiment marqué, il est extra, c’est un travailleur et un bon mec, qui a eu une belle carrière. Aujourd’hui il a coupé avec le foot et il a un super projet pour la ville de Moulins, un café théâtre. C’est étonnant dans le monde du foot, il casse l’image du footeux sans cervelle !

Il y a aussi Thibault Barthomeuf et Loic Chalier, c’était la charnière centrale pendant les parcours de coupe de Farance. De fait, on était fusionnel. C’était deux bêtes de travail avec une exigence hors du commun. Il y en a beaucoup d’autres, Ludo Saline, Greg Rouchon, Nico Suchet, JC Colard…

Quel est ton plus grand souvenir de foot ?

Bien entendu c’est la coupe de France au stade Hector Rolland contre Toulouse avec Moulins. Il y avait un engouement surprenant dans toute la ville. Les supporters étaient nombreux, ma famille était là, tout le monde était derrière nous. C’était génial. Le scenario du match a fait qu’on a vécu une superbe soirée. En dehors du terrain, à Moulins on a vécu énormément de bons moments ensemble, la ville n’est pas immense mais dès qu’il y a un évènement, toute la population est concernée, c’est assez amusant. C’est une ville très solidaire où tout le monde connaît tout le monde.

As-tu une exclu pour moi ?

J’ai réalisé ma première interview en anglais, il y a 1 mois avec Kingston City, je crois qu’elle vaut le détour tellement mon anglais est horrible. Sinon sportivement mon visa se termine fin novembre 2016, si je ne peux pas le prolonger en raison des difficultés règlementaires, je devrais rentrer en France et trouver un nouveau point de chute. Si vous pensez  à moi contactez Sébastien sur ce blog.

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