Rencontre avec Sandrine Dusang, joueuse au FCF Juvisy

Alors que le championnat de France Féminin de première division reprend ce week-end, rencontre avec Sandrine Dusang, joueuse au FCF Juvisy et internationale Bleues. Grande Contributrice du renouveau du football Féminin en France depuis les années 2000, elle nous raconte tout avec sagesse et passion.sandrine dusang1

Qui es-tu Sandrine Dusang ?

Je suis née le 23 mars 1984, à Vichy dans l’Allier. Je joue aujourd’hui au FCF Juvisy, et suis consultante pour le site footdelles.com

L’Auvergne est une terre de Foot. Peux-tu nous raconter ta jeunesse « footballistique » ?

Je ne sais pas si l’Auvergne est une région « plus foot » qu’une autre, mais c’est bien là-bas que j’ai commencé à jouer. J’ai signé ma première licence à 6 ans dans le club de Creuzier-le-Vieux, le village dans lequel j’ai grandi. Je jouais donc avec les garçons, qui étaient finalement mes copains d’école et cela a duré jusqu’à 13, 14 ans. J’ai adoré jouer avec les garçons et je pense que cela m’a aidé finalement.

Puis tu pars une saison à Clairefontaine avant de rejoindre Lyon ?

En fait, j’ai fait deux saisons en formation à Clairefontaine. Lors de la première année, je passais la semaine à m’entrainer à Clairefontaine, et rentrais jouer avec mon club le week-end (Yzeure Nord-Allier, D2). Pour la deuxième année, j’étais à Clairefontaine en continu car une équipe « CNFE Clairefontaine » avait été créé et que nous participions au championnat de D1. C’est après ces deux saisons que j’ai rejoint Lyon.

Lyon, c’était ta famille ?

Oui, une sorte de deuxième famille peut-être. Je suis restée au club 9 saisons alors forcément j’ai beaucoup de souvenirs et d’ami(e)s à Lyon. Lorsque je suis arrivée, le statut des filles n’était pas encore « professionnel », alors j’ai travaillé au sein d’OL Merchandising à côté du foot. Cela m’a permis de voir le club en interne et de faire de merveilleuses rencontres aussi. Mais si je dois parler des 9 ans, ça peut être vraiment long… En tout cas, je suis vraiment contente d’avoir vécu ces moments, l’OL restera une période importante et inoubliable de ma vie. J’adore la ville de Lyon et j’y ai beaucoup d’ami(e)s alors je me verrai bien y habiter une fois ma carrière terminée.

Est-ce les blessures qui ont gâché ton aventure dans le Rhône ?

Sans doute un peu oui, mais malheureusement les blessures font partie d’une carrière. Il faut bien dire que je n’ai pas été épargnée de ce côté-là. Même si ces blessures m’ont endurci et sûrement rendu plus forte au niveau mental, il est évident que cela a aussi été un frein au niveau de la performance.

Tu es aujourd’hui au FCF Juvisy (région Parisienne) qui évolue en haut du tableau en D1. Pourquoi ce club après Lyon ?

J’avais été contactée par plusieurs clubs français et étranger, mais je connaissais déjà bien Juvisy et les joueuses qui y évoluaient. Je n’avais pas envie de quitter le championnat de D1 sur une « saison blanche » où je n’avais pas joué et le projet de Juvisy m’avait convaincu.

L’étranger ne t’attire pas ?

Pourquoi pas, même si je pense que maintenant je suis un peu trop vieille (Sourire). Je n’ai pas eu l’occasion de le faire car lorsque j’ai eu des propositions, ce n’était pas le bon moment pour moi. Aujourd’hui je n’y pense plus vraiment, mais sait-on jamais…

As-tu toujours joué en défense ?

Non, j’ai évolué à différents postes. Lorsque j’ai rejoint le club de Nord-Allier, le coach me faisait jouer attaquante. J’ai aussi occupé le poste de milieu défensif pendant un moment à Lyon, et cela arrive encore parfois à Juvisy.

Parle-nous de ton poste actuel. Quelles qualités faut-il pour y réussir ?

Désormais je joue presque essentiellement défenseur central. Je pense que c’est un poste qui demande beaucoup de concentration. Il faut être très vigilant à tout ce qui se passe autour de soi et très attentif à son placement. Le défenseur central doit avoir une bonne vision du jeu, savoir communiquer et être solide dans les duels. S’il n’a pas forcément besoin d’être un grand dribbleur, il doit avoir une technique propre pour les relances.

Que penses-tu des jeunes footballeuses de ton club et en général ?

Je pense qu’il y a des générations de jeunes joueuses intéressantes. Si elles continuent de bien travailler avec leurs clubs respectifs, je pense que l’évolution du football féminin français sera encore positive.

On te voit de plus en plus dans les médias. Une future reconversion ?

Pourquoi pas. Lors de mon passage à Lyon, il m’est arrivé de commenter des matches avec Olivier Tolachides pour OLTV et j’avais déjà aimé ça. Aujourd’hui, mon rôle de consultante avec Foot d’Elles me convient. J’aime partager mon expérience, donner mon avis ou des conseils dans certains cas.

Vas-tu finir ta carrière à Juvisy ?

On ne sait jamais complètement de quoi demain sera fait, mais pour le moment je me sens bien à Juvisy. D’un point de vue sportif, nous travaillons sérieusement et faisons en sorte d’être le plus performants possible pour continuer de jouer le haut de tableau. Je tiens aussi compte de ma carrière professionnelle et de mon rôle de consultante notamment. Ce ne sont pas des choses que je veux quitter pour le moment…

Gaëtane Thiney est une star du Football Féminin. Est-elle si sympa en vrai qu’à la TV ?

Je connais Gaëtane depuis de nombreuses années puisque nous jouions ensemble dans les équipes nationales jeunes avant de se retrouver en A, puis à Juvisy. C’est une fille agréable et drôle. Alors oui Gaëtane Thiney est sympa, peut-être même encore plus en vrai qu’à la TV (Sourire).

Quel est ton modèle à ton poste ?

Je n’ai pas vraiment de « modèle », mais à titre d’exemple, j’aime beaucoup Raphaël Varane, Thiago Silva, Vincent Kompany et Matt Hummels. Pour moi, ils font partie des meilleurs défenseurs centraux actuels.

Quels sont tes qualités et tes défauts ?

C’est dur de parler soi-même… Mes principales qualités sont certainement mon expérience et ma combativité. Pour les défauts, je dirai que je suis parfois trop impatiente et exigeante.

Que fais-tu dans la vie en dehors du foot ?

Je suis auto-entrepreneur et consultante pour le site internet Foot d’Elles notamment.

Comment sont organisées tes journées ?

Mon statut d’auto-entrepreneur me permet de gérer mes heures de travail comme cela m’arrange, alors je n’ai pas vraiment de journée type. En général, j’écris des articles ou produis des contenus pour Foot d’Elles dans la matinée. L’après-midi, je travaille sur d’autres choses ou prends un peu de temps pour moi, puis vers 16h30 je pars pour l’entrainement à Bondoufle. Le soir, j’aime me poser tranquille devant la télé ou aller manger « un bout »avec mes coéquipières de temps en temps.

L’équipe de France tu la connais bien. Parle-nous de TA génération « Bleue » ?

J’ai eu la chance de porter le maillot quelques fois oui, et je suis fière de ça. Lorsque j’ai fait mes débuts en équipe de France, j’ai eu la chance d’évoluer aux cotés de grandes joueuses, comme Stéphanie Mugneret-Beghé, Emmanuelle Sykora, Corinne Diacre, Sandrine Soubeyrand et Marinette Pichon notamment. C’est d’ailleurs sur une passe décisive de cette dernière que j’ai inscrit mon seul but avec les Bleues. A l’époque, l’équipe de France n’était pas aussi bien classée au niveau mondial et la médiatisation n’était pas la même qu’aujourd’hui, mais pour moi c’est une chance d’avoir pu jouer et côtoyer de telles femmes.

Et les Bleues d’aujourd’hui, tu en penses quoi ?

Le football féminin français a beaucoup progressé et l’équipe de France également. Si les Bleues sont actuellement 3e du classement mondial FIFA ce n’est pas un hasard… L’équipe de France joue bien et a beaucoup progressé dans les domaines physique et athlétique, qui nous faisaient parfois défaut par le passé.

Que manque-t-il encore au foot Féminin Français ?

Franchement, je pense qu’il ne manque plus grand chose au football féminin français. La preuve, il intéresse de plus en plus les médias, les joueuses étrangères et de plus en plus de clubs professionnels hommes montent ou intègrent une équipe féminine à leur structure. Il faut que cela continue…

Quel est ton plus grand souvenir de foot ?

Je pense que mon plus grand souvenir reste la Ligue des Champions avec l’Olympique Lyonnais. Mais il y a aussi ma première sélection en Bleues contre la Finlande, courte mais intense (Rires) et la qualification pour la Coupe du Monde 2011 acquise en Italie, même si je n’ai pas pu participer à la compétition ensuite.

sandrine Dusang

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