En immersion dans le derby Lyon-Saint Etienne

Parce qu’il fallait absolument y être, pour voir le dernier derby entre l’Olympique Lyonnais et l’AS Saint Etienne au stade Gerland, j’ai pris ma voiture pour me rendre à Lyon et vous raconter ce que c’est un derby au cœur de Gerland. Après plusieurs heures d’attendre sous le ciel gris Lyonnais (rassurez-vous aujourd’hui le soleil est de retour), c’est parti pour le stade Gerland. Petit passage dans le métro B, à la rencontre des supporters Lyonnais, pour prendre la température et nous voilà tous arrivés sur le lieu du spectacle.

Gerland, quel beau stade ! Revenons un peu sur ce stade qui va bientôt s’arrêter de vivre … enfin concernant le football. La construction a débuté en 1913 mais fut interrompue pendant la guerre. Il sera inauguré en 1920. L’OL s’y installe en 1950 et permet au stade de s’améliorer au fil des années pour respecter les normes et améliorer le confort des spectateurs. Jusqu’à la fin des années 60, une piste cycliste entourait la pelouse. Mais c’est surtout en 1998, pour la Coupe du Monde en France qu’il va subir le plus de transformations. Les deux virages sont entièrement refaits et couverts. Le choix de conserver des arcades est un excellent choix pour garder l’identité de Gerland. La capacité du stade a été réduite à 42 000 places aujourd’hui, pour respecter toutes les normes de notre monde moderne mais le record est 48 552 spectateurs réalisé lors d’un derby OL-ASSE en septembre 1980. Bravo donc à l’architecte Tony Garnier mais également à René Gagès, Michel Relave, et Albert Constantin qui ont rénové le stade à deux reprises. Il ne reste donc plus beaucoup de temps pour aller assister à un match de foot professionnel au stade Gerland, qui par ailleurs est classé monument historique. Le nouveau stade des Lumières va bientôt voir le jour et il ne restera plus que les souvenirs.

Après un passage à la boutique et au stand sandwich pour faire comme les autres, direction la tribune Jean Bouin, pour assister au match. Assis entre deux fidèles de Gerland, ils ne pensent qu’à la victoire des Gones. Pas un seul mot pour le vieux Stade Gerland qui pourtant permet encore aujourd’hui de vivre de belles émotions. Ne se rendent-ils pas compte de la chance qu’ils ont de venir ici tous les quinze jours ? Pourtant croyez-moi, ce dimanche soir fut un vrai match de foot mais aussi un vrai moment de partage et de plaisir.

Mon dernier match ici, aura donc été  pour le bouillant derby entre l’Olympique Lyonnais et Saint-Etienne. Ce match tant attendu qu’il ne faut surtout pas perdre. Ce derby ne va pas manquer à la règle. Les tribunes sont pleines, la pluie s’est arrêtée, les supporters sont chauds (dommage que les supporters Verts n’étaient pas là) et après un dernier Tifo, place au jeu et au football.

Pas de surprise dans la composition d’Hubert Fournier avec les retours de Gonalons et Jallet dans le onze de départ et la titularisation du jeune Camerounais N’Jie en attaque. Pour le reste, c’est du classique avec son 4-4-2 en losange. De son côté, Christophe Galtier innove avec un 3-5-2. Perrin, Théophile-Catherine et Baysse compose l’axe de la défense. Tabanou et Clerc sont chargés d’animer et (surtout) protéger les buts de Ruffier. Devant, Erding est associé à Gradel.

Dès les premières minutes, les Lyonnais montrent qu’ils n’ont pas digéré le match aller (3-0 pour Saint Etienne). Le premier quart d’heure est une véritable attaque-défense et les Verts sont étouffés. N’jie se montre dangereux rapidement avec ses prises de balle et ses dribbles plein de dynamisme. Dans les tribunes, les spectateurs deviennent tendus. Les visages se crispent et on entend même certains s’inquiéter : « A ce rythme-là, on ne marquera jamais » ! Mais après plusieurs échecs dont une transversale de Fékir, à la 23ème minutes c’est le Camerounais Clinton N’jie qui ouvre le score suite à un très bon décalage de Fékir. Rien de plus logique sur ce début de match. Les Rhodaniens qui d’ailleurs joue plus en 4-3-3 qu’en 4-4-2 avec Fékir qui se déplace surtout sur le côté droit et N’jie sur le côté gauche laissant Lacazette seul en pointe.

Après ce but, tout le monde cherche un second souffle. Les Lyonnais pensent avoir fait le plus dur. Leur bloc recule de quelques mètres et les Verts en profitent furtivement. A la 27ème minute, Galtier effectue un premier changement avec l’entrée de Hamouma et la sortie de Baysse. Changement tactique pour les Stéphanois qui passent en 4-3-3. Gradel se repositionne à gauche et Hamouma à droite de l’attaque. C’est aussi à ce moment que les Verts sortent la tête de l’eau et sur une action rapidement menée, Lopes gagne son duel sur Gradel mais le ballon revient sur N’Guemo qui frappe … et Monsieur Enjimi siffle et indique le point de penalty. Stupeur dans les tribunes, personne n’a rien vu. « Que s’est-il passé ? »dit mon voisin de droite, « Il a sauvé le but avec la main » dit son fils, « Mais qui a fait main, p… ? » s’exaspère un autre.

 Lindsay Rose saborde son équipe

On voit un joueur partir vers le banc de touche. « C’est Rose, il est expulsé. Encore la double peine ». Le défenseur central, Lindsay Rose vient de provoquer le penalty et subit donc cette fameuse double peine. Mais c’est une main volontaire et c’est très logique de le voir expulser. Quand on a déjà joué au foot, on sait que c’est volontaire. Bras décollé du corps et petit coup d’épaule extérieur pour tenter de dévier le ballon sans se faire prendre par la patrouille. Il aurait pu réussir le coup parfait sauf que cette fois, l’arbitre a tout compris. Gradel transforme et cela fait 1-1.

Hubert Fournier ne fait pas changement de joueur mais ajuste tactiquement. Gonalons descend en défense centrale et au milieu les « frères jumeaux » Ferri et Tolisso se rapprochent pour jouer dans un 4-4-1. (Frères jumeaux car même s’ils ne se ressemblent ni physiquement, ni dans leurs caractéristiques footballistiques, pour l’équilibre du collectif Lyonnais ils jouent souvent de la même manière, cherchent à jouer simple, proprement, alternant jeu court dans les intervalles et jeu long croisé sans oublier leur pressing et leur travail défensif. De vrais joueurs de collectif. Même s’ils ont aussi plein d’autres qualités).

Les Lyonnais n’ont pas digéré l’égalisation et perdent peu à peu la possession du ballon. Fekir et N’jie ne savent plus comment se positionner. Ferri et Tolisso essaient de distribuer mais manquent également de repère sans la tour de contrôle Gonalons. « On va en prendre un autre ! » s’écrit un jeune homme dans la tribune. Les virages Nord et Sud sentent que ça se complique pour leurs protégés et redoublent leurs encouragements.

La mi-temps est bientôt là et tout le monde va pouvoir respirer mais c’est sans compter sur « les mobylettes » Gradel et Hamouma qui en un éclair déposent la défense Lyonnaise pour le 2-1. Stupeur et Mi-temps.

Après avoir assisté au duel des jeunes moins de 15 ans du FC Lyon et de Bourgoin-Jallieu, remporté par ces derniers, tout le monde reprend son siège pour la seconde période. Tout le monde est inquiet car c’est le derby et un derby ne se perd pas, et aussi car une défaite à ce moment de la saison serait dramatique pour le rêve de titre de Champion de France.

Les joueurs sont de retour et c’est parti pour le deuxième acte. Les Lyonnais repartent comme lors du premier acte. Une accélération, une faute Stéphanoise, une nouvelle passe décisive de Fékir et Jallet (48ème) remet les deux équipes à égalité 2-2.

Les Lyonnais ont retrouvé de l’allant et dominent le match à 10 contre 11. Mais physiquement cela devient difficile. Les fautes se multiplient, les cartons jaunes pleuvent et la rencontre devient électrique. Les joueurs Lyonnais n’arrivent plus à installer leur jeu et le bloc est coupé en deux. Tolisso et Ferri sont trop seuls et les 3 attaquants jouent trop haut. Lacazette est cuit, il ne gagne plus de duel et Fékir est totalement perdu, il ne sait pas s’il doit jouer à droite ou revenir dans le cœur du jeu. Trop souvent sur le côté droit, il ne peut pas faire le lien entre milieu et attaque. Le collectif Lyonnais a déraillé (pas illogique à 10) mais c’est une bonne indication et un bon axe de travail pour préparer la prochaine Ligue des Champions. La jeunesse est un vrai atout mais l’expérience sera primordiale au niveau supérieur pour gérer des situations défavorables.

Puis arrive le dernier espoir Lyonnais pour tenter d’arracher la victoire.
 » Regardez c’est Clément » s’exclame une fan du jeune homme. Après des mois de galère, c’est le retour de Clément Grenier (70ème). Tant mieux pour lui, pour son club mais pour nous aussi car c’est un beau footballeur de plus sur les terrains de Ligue 1.

Malgré ces dernières lueurs d’espoir, plus grand chose à dire sur ce match qui se finira sur le score de 2-2. Ce fut un beau spectacle sur le terrain et dans les tribunes. Espérons que les prochains au stade des Lumières seront du même niveau. Et comme dirait un fidèle supporter de 78 ans passant à côté de moi : « le plus important c’est de voir un bon match, un bon football et que la fête soit belle », poursuivant :  » nous pouvons rentrer dormir sereinement ! »

Lyon                                                                        Saint Etienne

Anthony Lopes : 5                                              Stéphane Ruffier : 5

Christophe Jallet : 8                                         Franck Tabanou : 5

Lindsay Rose : 3                                                 Kévin Théophile Catherine : 4,5

Samuel Umtiti : 4.5                                           Paul Baysse : 3

Henri Bédimo : 6                                                Loïc Perrin : 6

Corentin Tolisso : 5                                           François Clerc : 5

Jordan Ferri :  5.5                                               Jérémy Clément : 5

Maxime Gonalons : 6                                        Benjamin Corgnet : 5,5

Alexandre Lacazette : 4                                  Landry N’Guémo : 5

Nabil Fekir : 6 *                                                    Max-Alain Gradel : 6

Clinton Njié : 6.5                                                 Mevlut Erding : 3.5

Romain Hamouma : 6.5

  • Fékir : 7 en première période et 5 en seconde car mis à part sa passe décisive, il a eu du mal à se situer à 10 contre 11. Trop excentré sur la droite il aurait dû venir jouer entre Tolisso/Ferri et Lacazette.

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