Luzenac n’est pas mort, rencontre avec son entraineur Sébastien Mignotte

Après un été 2014 mouvementé et une fin dramatique, le Luzenac Ariège Pyrénées est toujours en vie. Reparti en septième division, le club fait front et peut compter sur les quelques “anciens” restés au club. Rencontre avec son entraineur Sébastien Mignotte. Respect.

Qui es-tu Sébastien Mignotte ?

MIGNOTTE Sébastien, j’ai 34 ans et au club depuis 1999, 14 ans en tant que joueur et 1 comme entraîneur. J’ai été formé au Toulouse FC et j’ai rejoint Luzenac lorsqu’ils étaient en DH. J’habite et je travaille en Ariège depuis 7 ans, marié et père de 2 enfants (7 et 4 ans). Je suis en formation d’entraîneur, je passe actuellement le BEF.

Comment vas-tu Sébastien après un été 2014 difficile ? 

Bien, très concentré sur le nouveau challenge du LAP à savoir, la montée en DH. Après un été très difficile comme pour l’ensemble des personnes du club, j’ai choisi de me concentrer sur un nouvel objectif et challenge, à savoir l’équipe dont je suis en charge. Après des débuts compliqués suite aux événements et à un groupe limité en nombre et en qualité, il a fallu reconstruire une équipe compétitive, ce qui est le cas aujourd’hui. (2ème à 1 pt du 1er)

« Nous sommes aujourd’hui 3 personnes pour faire vivre ce club et c’est une situation qui n’est pas simple »

Et comment va le LAP ?

Le LAP est dans une situation délicate car beaucoup de personnes (dirigeants, bénévoles) ont choisi de ne pas continuer l’aventure. Nous sommes aujourd’hui 3 personnes pour faire vivre ce club et c’est une situation qui n’est pas simple mais qui nous renforce dans notre volonté d’y arriver.

15 ans dans ce club, s’est vraiment ta famille ?

Oui, mais comme je le disais, beaucoup sont partis. Ce club mérite que je lui rende tout ce qu’il m’a donné. 

Le 09 Mai 2014, tu joues ton dernier match de ta carrière. Quel était la suite que tu t’étais imaginé ?

La suite logique, après 15 ans dans ce club, c’était de faire partie du staff de la Ligue 2 en tant qu’entraîneur adjoint chargé de l’analyse vidéo et en même temps entamer ma formation d’entraîneur tout en étant responsable de l’équipe réserve évoluant en DHR.

Entraineur, ce n’était pas prévu ?

Si, depuis toujours je savais que ce métier m’attirerai à la fin de ma carrière car je me voyais mal arrêter d’un coup. Le terrain, le vestiaire ont une importance dans ma vie depuis toujours. 

L’entraineur que tu es, est-il satisfait de cette saison sportive ?

Oui bien entendu car on part de très loin. Les 2 premiers mois ont été très difficiles car il a fallu tout reconstruire. L’équipe réserve devait avoir tous les week-ends entre 4 et 5 joueurs professionnels pour renforcer l’effectif. Malheureusement, la situation n’a pas été celle-là et il a fallu dans l’urgence trouver un gardien, un terrain d’entrainement, et reconstruire un effectif permettant dans un premier temps de figurer en DHR. Le travail paye et aujourd’hui on a la chance de vivre une fin de saison super intéressante.  

Quels sont les objectifs sportifs à court et à moyen termes ?

A court terme, c’est tenter d’accéder à la DH car nous sommes des compétiteurs et nous avons fait les efforts pour revenir dans la course. A moyen terme et si financièrement nous en avons la possibilité atteindre le CFA2. Ce n’est pas un objectif mais simplement l’idée que je me fais de ce club, vu son passé.

Le côté financier n’est pas très rose. Allez-vous vous en sortir ?

On y travaille tous les jours et les efforts de tous vont nous permettre d’y arriver au moins cette année. Ensuite nous n’avons pas vraiment de visibilité.

Certains anciens joueurs comme Nicolas Dieuze sont restés. Quel est leur rôle ?

Par amitié pour moi, Nicolas Dieuze et Franck Akaza ont eu la gentillesse de répondre favorablement à ma demande. Ce sont des personnes de valeurs qui souhaitent aider le club sportivement. Leur qualité de footballeur est indéniable et me sert beaucoup mais symboliquement, c’est un geste fort.

Les équipes de jeunes ont aussi perdu beaucoup dans cette histoire. Comment vont-ils ? 

Nous faisons partie du même club et les conséquences sont allées en cascades. Nous avons fait un appel aux dons: https://www.projetsloco.fr/fr/ecoledefoot-Luzenac afin d’aider les jeunes à continuer de vivre leur passion. Les conséquences de la rétrogradation en DHR ont été ressenties par tout un département.

Est-ce ta vie avec le club ou ta vie professionnelle qui te permet le plus de te ressourcer ?

Les deux, c’est un équilibre. J’ai eu la chance de pouvoir reprendre mon activité professionnelle à temps plein et je fais un métier qui me passionne (je travaille dans l’environnement) et bien sûr que la gestion d’une équipe de football est un équilibre.

Comment sont organisées tes journées ?

Je travaille la journée, comme tout le monde, et 3 fois par semaine je me rends à Toulouse pour les entraînements. Nous devions nous entraîner sur les installations de la Ligue 2 et mon recrutement pour l’équipe réserve était donc basé sur des joueurs ayant connu le club auparavant et habitant Toulouse. La saison ayant commencée, il était logique de tenir mes engagements d’où le choix de s’entraîner sur Toulouse.

Le monde professionnel ne vous a pas du tout aidé à part Monaco, un peu ?

Oui mais ce n’est pas une surprise. C’est un monde qui vit en vase clos et qui se plaît dans ce système-là. Notre histoire en est la preuve.

Avez-vous encore des nouvelles de Fabien Barthez ?

Non absolument aucune nouvelle.

Ne vous sentez-vous pas oublié par tout le monde ? 

Si mais on savait que l’effet Luzenac ne durerait qu’un temps. Ensuite, on ne peut pas demander à tout le monde de penser à nous tous les jours, la vie continue.

Crois-tu encore aux valeurs du football ?

Oui car je n’ai pas la mémoire courte. J’ai eu la chance de vivre des moments exceptionnels avec ce club alors que nous n’avions pas la moitié ou le quart du budget des autres clubs. Cela était le cas en CFA2, CFA et National. Nous avons montré qu’il était possible de créer une dynamique de groupe plus forte que n’importe quel obstacle sauf celui de la LFP…

Que fais-tu en dehors du foot ?

J’ai la chance d’habiter un département rempli de ruisseau de montagne, j’en profite donc pour pêcher la truite.

Quel est ton plus grand souvenir de foot ?

La montée de CFA en National ! Une saison extraordinaire sportivement où nous avions survolé le championnat mais surtout avec un groupe exceptionnel. Beaucoup compte encore comme des amis.

Plus personnel, mon jubilé l’année dernière où j’ai eu la chance de jouer 25 minutes contre Carquefou en championnat National et de marquer un but devant toute ma famille et mes amis.

As-tu une exclu pour moi ?

Attention, il y a 15 ans Luzenac monté de DH en CFA2, l’histoire pourrait se reproduire …

Merci Sébastien et bonne fin de saison   

Une réflexion sur “Luzenac n’est pas mort, rencontre avec son entraineur Sébastien Mignotte

  1. Pingback: Foot Amateur – Luzenac Ariège Pyrénées (LAP) de retour au niveau National – National 3 (anciennement CFA2) | My Football Club

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