L’analyse de Chelsea-PSG en Ligue des Champions

L’an dernier, le Paris Saint Germain remporta le match aller de son quart de finale contre Chelsea 3 buts à 1 après un match de haut niveau. Les Parisiens abordèrent donc le match retour confiant et avec deux buts d’avance. Mais sur le terrain de ce match retour on ne reconnait plus le PSG conquérant du match aller, ne jouant pas, refusant le jeu, reculant et perdant logiquement 2-0 avec le deuxième but des Blues à la 86ème minutes.

Coïncidence, c’est un nouveau duel entre le PSG et Chelsea que le tirage au sort des 8ème de finale de la League des Champions 2014-2015 nous propose. Le premier match se joue encore une fois au Parc des Princes mais cette fois-ci, pas de vainqueur (1-1). Tout se jouera donc à Londres avec un net avantage pour les Anglais sur le papier. Les statistiques sont même cruelles pour le PSG, leur donnant seulement 31 % de chance de se qualifier après le match aller. Et pour arranger le tout, Mourinho l’arrogant n’a jamais été éliminé après un score 1-1 au match aller.

Difficile donc de s’attendre à un miracle lors de ce match retour à Stamford Bridge. Mais voilà dans le football rien n’est jamais joué et surtout impossible n’est pas Français ! Cette équipe n’est pas très Française pourrait dire certaines mauvaises langues, avec une direction venant du Qatar et seulement un joueur Français titulaire au départ de ce match retour de League des Champions (Matuidi). N’en déplaise donc à certains, ce qui a fait gagner Paris, c’est avant tout son état d’esprit face à l’adversité. Tenace, courageux, solidaire et gardant son calme dans des conditions défavorables, ils ont montré une facette peu souvent entrevu depuis trois saisons.

Côté tactique, les deux coachs ont choisi les schémas attendus. Pas de surprise non plus dans les compositions mais Mourinho a tout de même tenté une petite subtilité choisissant Ramires « le défensif » plutôt que le remuant William. Le technicien Portugais qui cherche toujours le coup de bluff dans ses compositions d’équipe, surtout quand le monde entier le regarde pour montrer à tous qu’il est le plus fort, vient de commettre sa première erreur tactique. Toujours plus d’arrogance ! Mais cela donne une vraie indication sur ce que souhaite proposer Chelsea. Le début de match confirme cette vision. Les Parisiens sont dans leur match dès les premières minutes et n’hésitent à « mettre le pied ». Chelsea a décidé de jouer bas et de laisser le ballon aux rouges du PSG. Rien d’illogique de voir les Londoniens laisser venir, par contre, ce qui est surprenant c’est qu’il refuse totalement le jeu ce montrant seulement que par quelques accélérations d’Eden Hazard. Et face à des Parisiens conquérants, les premières minutes nous font penser que tout est possible. Le PSG place sa défense haute et fait bien circuler le ballon au milieu. Ils exercent un petit pressing sans pour autant se mettre en danger dans l’équilibre car un match c’est long. Offensivement, Ibra joue en pointe et … ne redescend pas trop, pour une fois, pour essayer de garder un vrai point d’encrage offensif. Pastore et Cavani doivent se répartir les couloirs mais très vite on observe que Cavani joue très près du Suèdois et Pastore un peu en retrait des deux attaquants se mettant systématiquement entre Thiago Motta en Zlatan et pouvant ainsi servir des caviars à répétitions. Presqu’un 4-4-2 ? En tout cas, c’est intéressant et les joueurs de Chelsea sont gênés. En phase défensive, Cavani vient aider Matuidi sur le côté gauche et Pastore en fait de même sur le côté droit. L’équilibre est bon.

Puis vient le scandale ! Sur une action Parisienne, Ibrahimovic tente de récupérer le ballon en taclant mais vient surtout toucher le Brésilen Oscar. Le Brésilien qui fera d’ailleurs là sa meilleure action du match avec cette grosse simulation. Faute (quoique, les deux se jettent) et carton jaune pour le Suédois. Mais stupeur dans le stade, l’arbitre clairement influencé par l’attroupement des joueurs de Chelsea, faisant une danse indienne autour de lui, sort le carton rouge. C’est le drame. Paris doit absolument marquer et va jouer à 10 pendant plus d’une heure. La mission devient impossible.

Bizarrement, cette situation ne change presque rien pour le PSG. Le bloc recule un peu mais décide de ne pas se laisser acculer. Les joueurs restent malgré tout assez hauts et redoublent de générosité. Sur certaines phases de jeu, ça ne tient qu’à un fil mais ça tient. Malgré tout, à ce rythme-là et même avec un orgueil et un esprit de revanche sur-développé les Parisiens vont forcément finir par craquer physiquement. Là encore, les Parisiens ont surpris leur monde. Très bien préparé physiquement, ce fut un autre point primordial dans la victoire du PSG. Mourinho a là encore sous-estimé Laurent Blanc. Le staff Parisien avait-il bien préparé son coup ? Sans avoir de réponse ferme de la  part du coach, il ne fait aucun doute que la préparation physique fut faite (comme tous les grands clubs) pour avoir un pic de forme en mars. Ce qui explique aussi les difficultés physiques du début de saison. L’abnégation des joueurs est à l’image de Cavani. On peut dire beaucoup de chose sur l’Uruguayen mais ce qui est sûr qu’il sait se « dépouiller » pour son équipe et ses coéquipiers ont été à son image. Dans leur malheur, Paris a eu la chance de voir Ibrahimovic expulsé plutôt que Cavani. Avec le Suédois, ils auraient joué à car même s’il aurait fait les efforts pour aider ses coéquipiers rien ne vaut un « Edi » Cavani pour faire ce job. Avec lui, le PSG a joué à 10½. Quand avons-nous vu qu’ils jouaient à 10 contre 11 ? L’Uruguayen, même s’il est aussi maladroit en défendant que devant le but, leur a véritablement permis de ne pas trop souffrir de l’infériorité numérique. Pastore joue aussi très bien son rôle, défendant beaucoup et pesant sur la défense de Chelsea sans doute un peu « peureuse » qu’il refasse un coup de génie comme celui de l’an dernier au Parc des Princes. Dans cette configuration, Paris se transforme en 4-5-0 pour défendre mais continue d’oser et de tenter, avec au milieu, un Verratti étincelant de classe technique et de sang-froid et un Motta très intelligent dans ses efforts et ses placements. Les deux Italiens apportent une grande sérénité à la défense. En défense, Marquinhos à droite c’est aussi la réussite de Blanc. Le coach avait surpris tout le monde, il y a quelques semaines, en le titularisant comme latéral droit. Et comme Veratti, le Brésilien est un vrai diamant. Impeccable défensivement, il étouffe Hazard et en plus, il est capable d’apporter offensivement et d’offrir de très bon centre à ses attaquants. La grande classe. Que dire également de la charnière centrale, qui au-delà d’avoir chacun marqué un but, a également couper toutes les offensives des Blues et a « facilement » contenu le bourrin, le déménageur Diego Costa qui en plus d’être un petit footballeur et aussi un sale type !

Paris révolté, Chelsea calculateur, il n’en fallait pas plus au rouge d’un soir pour remporter ce duel. Mourinho a perdu mais c’est surtout le PSG qui a gagné avec ses joueurs, son collectif et son entraineur. Les têtes de David Luiz et de Thiago Silva nous rappelant celle de George Weah en 93 ou encore celle d’Antoine Kombouaré contre le Real Madrid.

Paris est encore en vie et tout le foot Français s’en réjouie.

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