Coupe du Monde 2014 : le 4-3-3 des Bleus de Deschamps

bleuCela faisait longtemps que l’équipe de France n’avait pas eu un bilan aussi positif à la fin des phases de poule d’une Coupe du Monde. Depuis 1998 exactement, car même si en 2006, les Bleus avaient passé ce tour, ce fut avec seulement 1 victoire et 2 nuls, terminant seulement deuxième de la poule derrière… la Suisse. Ne parlons même pas de 2002 et 2010. En tout cas, avec 2 victoires et 1 nul, les Bleus de Didier Deschamps finissent 1er de leur poule et ont montré un beau visage lors de ce premier tour.

Il ne fait plus de doute que le choix tactique de Didier Deschamps s’organise autour du 4-3-3. Sur les trois matchs, les Bleus ont évolué dans ce système avec des petits ajustements lors de chaque match de ce premier tour. Sur le plan défensif, pas d’évolution tactique d’un match sur l’autre. Même si les joueurs ont changé sur le troisième match, la tactique est en place et les automatismes ne demandent que la multiplication des matchs pour se roder. Même si ce secteur reste fragile chez les Bleus, la stabilité et l’installation de jeunes joueurs seront des atouts pour le futur. Offensivement, pas de révolution mais des ajustements qui permettent à Deschamps d’avoir un plan B en cas de difficulté avec le plan A. Et ça c’est une vraie bonne nouvelle car sans plan B, on ne peut pas gagner une compétition comme la Coupe du Monde. (C’est peut-être ce qui a manqué au PSG cette saison en Ligue des Champions).

Le schéma étant connu et maitrisé par les joueurs, c’est maintenant les animations qui vont faire la différence. Et même si le coach donne les directives et la ligne de conduite dans ces animations, ce sont les joueurs qui vont faire la réussite de celles-ci … ou pas. Petit décryptage de cette animation. Valbuena en est le joueur le plus important comme a pu l’être Ribéry lors des éliminatoires de cette Coupe du Monde. Même si dans le 4-3-3, il est placé côté droit de l’attaque, il n’est plus vraiment un joueur de couloir « fixe ». Il y a quelques années cela posait problème car il y avait pas assez de monde dans ce couloir droit pour élargir le jeu. Tout le monde se retrouvait dans l’entonnoir. Le côté gauche des bleus était alors le plus fort, voir le seul à être actif avec la présence de Ribéry. Ce qui a donc changé, c’est l’apport permanent du latéral droit. Mathieu Debuchy, constamment milieu droit, voir ailier en phase offensive apportant plus de solutions et de garantis que pouvait le faire Sagna et ses prédécesseurs. Le recentrage de Valbuena pose donc moins de problème sur le plan offensif … mais attention sur le plan défensif car si « petit vélo » ne fait pas le travail de revenir, il y aura forcément surnombre pour l’adversaire en cas d’action venant du latéral gauche adverse. L’avantage de Deschamps, dans le couloir droit de l’attaque c’est qu’il possède  deux autres « armes » sur ce côté. Sissoko, qui est tout de même meilleur dans le cœur du jeu que sur le côté, et surtout Remy, que D.D. n’a pas encore beaucoup utilisé (Peut-être que c’est son arme secrète ?). Sur le côté gauche,  deux alternatives. En l’absence de Ribery (pour toujours ?), Antoine Griezmann le remplace numériquement mais également dans la façon de jouer dans son couloir. Comme le Munichois, il écarte bien, percute, dribble, provoque et n’hésite pas à se recentrer quand le jeu le demande. L’avantage avec lui c’est que le travail défensif et bien fait. Jusque-là bien discipliné dans le travail de replacement, il faudra continuer pour ne pas mettre en danger l’équilibre Bleu. Avec la seconde option de Deschamps (Image 2 : France – SUISSE), Benzema se retrouve à gauche de l’attaque et Giroud dans l’axe. Bonne option pour mettre de la pression et de la hauteur dans la surface adverse quand le bloc français est haut, mais attention au déséquilibre car Benzema se recentre beaucoup comme Valbuena à droite et les couloirs sont ainsi vides. Là encore, le rôle du latéral gauche, Evra en l’occurrence, doit être le même qu’à droite et faire le voyage défense et attaque de nombreuses fois. Evra devrait avoir l’habitude de cela car il fait la même chose à Manchester United, sans oublier de défendre. Lors de ce premier tour, Evra a été à la hauteur des attentes. A confirmer ! Moins de possibilités de centre dans cette configuration, alors qu’on a un excellent joueur de tête dans l’axe de l’attaque (Giroud), et pas de possibilité de dédoublement pour les latéraux. Dans cette configuration offensive du 4-3-3, si les latéraux ne sont pas présent, c’est mort ! Attention également, aux contre-attaques qui seront impitoyables si les joueurs de couloirs ne fait pas le métier. Au milieu, Deschamps a compris comme son ami Laurent Blanc au PSG qu’il fallait mettre un « 6 » sachant défendre mais également relancer, organiser, orienter le jeu et apporter une autre solution. Fini le « 6 » à la Deschamps (sur le terrain) qui récupère le ballon et qui le donne immédiatement à un coéquipier qui se trouve à trois mètres de lui et qui est chargé de l’animation. Ce joueur doit maintenant apporter une troisième possibilité, en plus du « 8 », milieu relayeur mi- offensif, mi-défensif et du « 10 » plus offensif. A noter que les Bleus jouent plutôt avec deux milieux relayeurs, Matuidi et Pogba ou Sissoko et sans « 10 » (Zidane n’est plus là). Ce rôle est réparti entre les trois milieux et surtout Valbuena. Le milieu Français a beaucoup de liberté pour l’organisation du jeu offensif mais la rigueur tactique que demande Deschamps est la clef de la réussite. Par exemple, si Matuidi se porte très haut vers l’avant Pogba doit être attentif à la perte du ballon et devra se situer entre Cabaye et Matuidi pour ne pas déséquilibrer le bloc et ne pas laisser Cabaye seul lors d’une contre-attaque. Cabaye, de son côté n’a que très peu l’occasion de se retrouver dans la surface adverse et s’il le fait, il devra être compensé dans son rôle de sentinelle par l’un des deux autres milieux. Impossible d’avoir les trois dans la surface adverse ou sinon « la Desch » va se fâcher tout rouge ! Morgan Schneiderlin, titulaire pour le troisième match a joué dans la même position que Cabaye et a montré une capacité équivalente dans les solutions offensives.

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FRANCE – HONDURAS

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FRANCE – SUISSE

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FRANCE – ÉQUATEUR

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Donc pour le moment, tout va bien car chacun est très attentif, discipliné et concentré dans son rôle mais plus la compétition va avancer et plus le physique aura du mal à supporter tous ces efforts. Le mental, comme d’habitude, fera la différence et ceci dès les 8ème de finale face au Nigéria. Cette équipe physique et puissante va bouger les Français dans les duels et tenter de perforer la défense en contre. Cette équipe physiquement bien préparée sait aussi très bien jouer au foot et aura des arguments offensifs à ne pas négliger. Il faudra de la patience et des nerfs en acier pour battre cette équipe et son gardien, Vincent Enyeama, qui vient de faire une saison énorme avec … Lille.

Les notes des Bleus pour ce 1er tour :

Lloris : 6      Rien à faire

Debuchy : 6.5      Bon équilibre Attaque-Défense

Sagny : 5.5      Correct sans plus

Varane : 7      Le boss, tranquille

Sakho : 6.5      Bon dans le duel, relance juste correct

Koscielny : 6.5      Bien, attention à ne pas craquer

Evra : 6.5      Bon équilibre Attaque-Défense

Digne : 5.5      Trop timide

Cabaye : 7      Un sentinelle qui sait jouer au foot

Schneiderlin : 7      Un Cabaye bis. Bonne doublure

Pogba : 6      Pour un joueur moyen c’est bien. Pour Paul, c’est insuffisant (voir ci-dessous)

Matuidi : 7      Inclassable. De retour à son niveau

Sissoko : 7      La bonne surprise. Plus à l’aise au cœur du jeu

Valbuena : 7.5      Comme d’habitude, Grand !

Griezmann : 6.5      Doit être plus régulier sur la longueur du match mais bien dans l’ensemble

Benzema : 7      3 buts et 2 passes décisives, ça commence bien.

Giroud : 6.5      Il fait le travail quand on l’appelle. Apporte une vraie solution.

 

 Un homme dans les Bleus :

bleu5On pourrait parler de Benzema mais celui qui fera gagner ou pas la France se trouve au milieu de terrain. Paul Pogba est LE génie de l’équipe de France. Mais génie ne veut pas dire grand joueur mondial. On en a eu des génies restés « des joueurs moyens ». Le conseil que donnerait Aimé Jacquet serait : « Muscle ton jeu, Paul ». A la différence de Robert Pires, Pogba possède cette densité physique mais il l’utilise mal, par nonchalance ou facilité. Il joue seulement sur ces qualités naturelles et en Coupe du Monde cela ne suffit pas. L’intensité, l’agressivité positive, la concentration et le mental sont des ingrédients indispensables pour devenir un « Boss » ! Alors attention, Paul, si tu ne veux pas rester un espoir, oublie ton talent et met toi au travail.

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