Candice Prévost, le foot féminin dans le sang !

Le foot féminin a beaucoup évolué ces dernières années et est devenu très populaire en France. Mais il a été longtemps dans l’ombre. Rencontre avec Candice Prévost qui a contribué de nombreuses années à l’évolution du foot féminin. Et qui continue de le faire. Passionnant !

Candice Prevost

Qui est-tu Candice Prévost ?

J’ai 30 ans. Je suis née à Évreux en Normandie où j’ai démarré le football à 16 ans en 1998 ! J’ai d’abord démarré raquette dans la main puis ballon au pied.
Professionnellement : Professeur d’EPS et maintenant directrice nationale adjointe de l’UNSS (Union Nationale du Sport Scolaire)
Dans le Foot, j’ai joué à Évreux jusqu’en 2003 puis le PSG jusqu’en 2012. Aujourd’hui, je suis Consultante sur Eurosport et membre du bureau exécutif de la LFA (Ligue de Football Amateur) à la Fédération Française de Football.

Comment t’es venue la passion pour le foot ?

Petite, je jouais tout le temps au foot dans les cours d’école. Mais je faisais du tennis en club. Puis une section féminine s’est ouverte à l’EAC (Évreux Athletic Club Football) et j’ai démarré le foot parce que j’ai toujours aimé ça. Et puis, il me manquait le collectif que je n’avais pas au tennis.

Après un passage par Évreux, tu as été fidèle au PSG de nombreuses années (9 ans). Qu’en ressorts-tu personnellement et comment juges-tu le club aujourd’hui ?

Je suis passée par toutes les étapes au PSG. J’avais 19 ans quand j’ai intégré le club, j’étais timide, puis peu à peu, je me suis affirmée. J’ai vu l’évolution de ce club qui avait au départ des difficultés à laisser de la place pour les filles. Et maintenant elles sont pros.
On a pas mal galéré au départ mais maintenant le résultat pour les filles c’est la qualification en Ligue des Champions et surtout elles sont très proches des Lyonnaises… Je suis contente qu’elles aient évolué avec l’arrivée du Qatar et avec des dirigeants qui ont peu a peu fait confiance aux filles.

Tu n’étais pas pro, comment gagnais-tu ta vie ?

Je n’étais pas pro, non. Je gagnais 70 € quand j’ai commencé ! Ça me coutait plus cher mais je n’ai jamais joué pour l’argent. J’étais au départ étudiante. Mes parents m’ont accompagné dans mon projet et après j’étais professeur d’EPS. Je ne me suis jamais dit que j’allais être footballeuse pro. J’ai toujours voulu avoir autre chose à côté et ne jamais dépendre du foot était pour moi une force. C’était mon choix.

L’étranger ne t’as jamais attiré ?

L’étranger m’a attiré si. Les États-Unis était pour moi un rêve de gosse quand je voyais Mia Hamm jouer … c’était une référence à l’époque (Footballeuse Américaine, 275 sélections/158 buts, 2 fois championne Olympique et du Monde). Côté Français, Marinette Pichon a ouvert la voie à d’autres. Mais je ne regrette rien.

Tu as connu et participé à l’évolution de la “nouvelle” popularité du foot Féminin. Comment as-tu vécu cela et pourquoi ce changement ?

Après mon arrêt, j’ai eu l’opportunité de parler, de commenter le foot féminin à la télé. D’abord sur D8 et sur Eurosport maintenant. Je suis vraiment reconnaissante des médias qui parlent de foot féminin. Je sais que dans d’autres sports c’est difficile pour les filles. On a eu cette chance-là, il fallait la saisir mais il faut confirmer maintenant. Il y a encore beaucoup à faire mais on sent un réel engouement pour les footballeuses qui véhiculent une image positive. J’essaye aussi dans mon nouveau rôle de contribuer à l’évolution du football féminin mais c’est encore tout frais. J’ai de bons espoirs !

Peux-t-on rêver de grand titre pour le foot féminin ou resterons-nous toujours un peu derrière les grosses nations ?

On peut bien sûr espérer un titre. Il y a eu des compétitions intéressantes avec la Coupe du Monde puis les Jeux Olympiques qui ont permis de rehausser le niveau de la France au classement FIFA.
L’OL est une référence et est aussi un moteur pour le foot français, bien suivi par le PSG, Juvisy et Montpellier. Les autres se structurent de mieux en mieux. Il faut passer ce cap d’un titre européen ou mondial qui ferait de la France une réelle référence. Elles le méritent et surtout elles ne sont vraiment pas loin !

Met t-on tout en œuvre au niveau de la formation pour rester à ce niveau dans les prochaines années ?

La formation va progresser. Les pôles régionaux et Clairefontaine prépare de mieux en mieux les jeunes d’aujourd’hui.  Le championnat National U19 est d’ailleurs la preuve que ça devient attractif. Il y a encore beaucoup à faire sur la structure des championnats D2 et D1 mais aussi des plus jeunes pour que ce soit encore plus cohérent. C’est le projet de la FFF dans les mois à venir.

29 ans, c’est jeune pour arrêter sa carrière ?

29 ans, oui c’est jeune mais je crois que ça n’est pas une question d’âge ! Ma boucle était bouclée. J’étais fatiguée, je faisais des efforts qui n’étaient pas récompensé. J’ai vécu 2 années difficiles à la fin de ma carrière entre les blessures et les frustrations de coaching.  Je ne suis pas aigrie et je pense avoir arrêté au bon moment. J’ai joué la Ligue des Champions et j’ai arrêté ensuite.

Aujourd’hui, tu es, entre autre, consultante. C’est par passion ou opportunité ?

Consultante, au départ c’est une opportunité qui me permettait de voir jouer les copines sur le terrain. Mais rapidement, je me suis prise au jeu. C’est un exercice sympa qui me plait et je ne me prends pas la tête ! Je garde un pied près des terrains pour continuer à suivre le haut niveau français. Ça me plait. Et les personnes que j’ai rencontré sur D8 et Eurosport m’ont beaucoup appris. Je suis curieuse de voir plein de choses. Alors ça me fait de l’expérience et j’aime ce que je fais.

Tu es également élue à la Ligue du Football Amateur (LFA). Quel est ton rôle ?

A la LFA, je suis secrétaire général du bureau exécutif. C’est bénévole, je préfère préciser ! Je fais partie des commissions de féminisation et du football en milieu scolaire et universitaire. Je suis une sorte de haut-parleur des actions de la FFF/LFA pour les ligues et les districts et les clubs. Ce n’est pas simple. Mais j’essaye de bien comprendre la structure. Et je m’y sens de mieux en mieux. C’est un rôle un peu plus politique. La mission est grande !

Aimerais-tu revenir vers le terrain comme entraineur ou autres ?

Sur les terrains, je ne sais pas. Je fais déjà beaucoup de choses. J’ai eu mon B.E. (Brevet d’Etat), il y a quelques années. J’ai entrainé la saison dernière vers chez moi dans le 95 mais je manquais de temps pour le faire bien. Pour le moment non parce que je suis trop prise ailleurs. Mais ça me plaisait. C’était un bon complément de mon métier de prof. mais j’ai pris un virage et il faut que je sois à fond à chaque moment.

Quel regard portes-tu sur le foot français masculin (Ligue 1 et équipe de France) ?

Je regarde quelques matchs à la télé. Je suis les infos sur la Ligue 1, la Ligue des Champions et l’équipe de France. Le foot mais aussi le sport en général. C’est mon métier !

Vois-tu ton avenir comme sportive ou mère de famille ?

Mère de famille sportive ! Donc les 2.

Quel est ton meilleur souvenir de foot ?

Les universiades en 2009. La coupe de France. Jouer au stade de France même s’il n’y avait pas grand monde. Les filles de l’équipe. Le partage, les joies, les buts et les rires.

Avez-vous une exclu pour moi ?

Je chante aussi dans un groupe de musique ! Whenten.fr

 candice prevost1

Merci Candice et bonne continuation.

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